Sous les arbres de l'Arboretum, la science des forêts se réinvente
Une quinzaine de chercheurs ont troqué l'amphithéâtre pour une marche forestière afin de repenser la coopération scientifique dans le Bassin du Congo.
Jeudi, l'Arboretum Raponda Walker a servi de cadre à un format inhabituel de rencontre scientifique : le « Walk & Talk ». Chercheurs, doctorants et représentants d'institutions françaises et gabonaises y ont échangé sur la gestion durable des forêts tropicales, loin des salles de conférence classiques.

Marcher pour mieux discuter, c'est le principe simple derrière cette initiative portée par l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et l'initiative One Forest Vision. Plutôt qu'un colloque figé, l'idée était de faire dialoguer une quinzaine de profils différents — chercheurs, doctorants, partenaires techniques — pendant une déambulation dans l'un des poumons verts de Libreville.
Un format qui casse les silos de la recherche
La gestion des forêts tropicales du Bassin du Congo implique des dizaines d'équipes, souvent cloisonnées par institution ou par discipline. Le pari du Walk & Talk : sortir ces chercheurs de leurs bureaux pour qu'ils se découvrent mutuellement, projet par projet, dans un cadre informel où les échanges circulent plus librement qu'autour d'une table de conférence.
Selon le communiqué à l'origine de cette rencontre, l'objectif affiché était clair : renforcer les liens entre institutions, mieux faire connaître les travaux de chacun et faire émerger de nouvelles pistes de collaboration. Un objectif modeste sur le papier, mais qui répond à un vrai besoin dans un secteur où la duplication d'efforts et le manque de coordination freinent souvent l'avancée des connaissances.
Pourquoi ça compte pour le Gabon
Le Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical au monde après l'Amazonie, joue un rôle climatique majeur — un rôle que le Gabon, couvert à près de 88 % par la forêt, connaît mieux que quiconque. Chaque avancée dans la coordination scientifique autour de sa gestion a des retombées concrètes : meilleure connaissance des écosystèmes, données plus fiables pour orienter les politiques publiques, et in fine des choix plus éclairés sur l'exploitation, la conservation ou la valorisation carbone de ce patrimoine.
Ce type de rencontre, aussi discrète soit-elle, participe d'une dynamique plus large : celle qui positionne le Gabon comme un terrain d'expérimentation et de coopération scientifique internationale sur les enjeux forestiers. Reste à voir si ces échanges informels se traduiront par des projets concrets et financés — c'est bien là que se mesurera, dans les mois qui viennent, l'utilité réelle du format.
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