Tourisme : l'Italie et le Gabon veulent désenclaver les parcs
Un diplomate et deux opérateurs aériens autour de la même table pour parler accès aux réserves gabonaises.
L'ambassadeur d'Italie au Gabon, Stefano Moscatelli, a été reçu par la ministre du Tourisme durable, Marcelle Ibinga épouse Itsitsa. Autour de la table, deux acteurs du secteur aérien et touristique évoquent un obstacle bien connu : rejoindre les parcs nationaux reste compliqué et coûteux.

Un problème récurrent : comment atteindre les parcs
Le Gabon aligne treize parcs nationaux et une biodiversité qui fait rêver les tour-opérateurs. Mais un parc qu'on ne peut pas atteindre facilement reste une carte postale sans visiteurs. C'est ce nœud-là qu'a exploré la rencontre entre la ministre du Tourisme durable et de l'Artisanat, Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, et l'ambassadeur d'Italie, Stefano Moscatelli.
L'audience s'est tenue en présence de deux profils qui en disent long sur l'angle choisi : Federico Grillon, directeur technique de Gabon Wildlife, et Marco Zangrilli, directeur général d'Africa Airlines. Un opérateur spécialisé dans la faune sauvage d'un côté, une compagnie aérienne de l'autre. Le message est clair : sans transport fiable, pas de tourisme de nature qui tienne la distance.
L'accessibilité, clé de voûte d'une filière encore fragile
Le tourisme gabonais reste marginal dans l'économie nationale, loin derrière le pétrole ou le bois. Les autorités misent pourtant sur ce secteur pour diversifier les revenus du pays, à l'image de voisins comme le Rwanda ou le Kenya qui ont fait de leurs parcs de véritables locomotives de devises. Encore faut-il que les visiteurs puissent s'y rendre sans y perdre trois jours de piste ou une fortune en billets d'avion intérieurs.
L'implication d'Africa Airlines dans ces échanges pointe vers une piste concrète : renforcer la desserte aérienne domestique vers les zones à forte valeur écotouristique. C'est souvent là que le bât blesse en Afrique centrale, où les liaisons intérieures sont rares et onéreuses, freinant l'essor de circuits pourtant vendables à l'international.
Ce que cette rencontre change, concrètement
Aucune décision chiffrée n'a été annoncée à ce stade : il s'agit d'une séance de travail, pas d'un accord signé. Mais la présence simultanée d'un diplomate, d'un opérateur de tourisme de nature et d'une compagnie aérienne autour du ministère traduit une volonté partagée de sortir le secteur de ses blocages logistiques.
Pour les Gabonais, l'enjeu dépasse la seule image touristique : chaque liaison aérienne renforcée vers l'intérieur du pays profite aussi aux populations locales, aux commerçants et aux administrations qui dépendent de ces mêmes dessertes, aujourd'hui limitées. La suite dépendra des engagements concrets que ces échanges finiront, ou non, par produire.
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