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Politique

Refondation du Gabon : un ex-DG du Budget réclame une «doctrine d'État»

Pour Yves Fernand Manfoumbi, sans planification ni évaluation, la refondation restera un slogan.

Dans une tribune publiée sur Facebook le 15 juillet 2026, l'ancien directeur général du Budget et ex-ministre Yves Fernand Manfoumbi appelle l'État gabonais à sortir des réformes cosmétiques. Son constat : sans méthode de planification et sans culture de l'évaluation, la refondation promise restera un mot sans effet concret sur le quotidien des Gabonais.

Bâtiment administratif gabonais illustrant le débat sur la gouvernance publique.
L'ancien DG du Budget appelle à structurer l'action publique autour de la planification et de l'évaluation.

Un diagnostic sans détour

Yves Fernand Manfoumbi connaît les rouages de l'administration gabonaise de l'intérieur : il en a dirigé le budget avant d'occuper un poste ministériel. Sa tribune part d'un constat simple, presque cru : la refondation ne se décrète pas, elle se construit avec une méthode. Selon lui, empiler des réformes sectorielles sans grille de lecture commune revient à repeindre une façade sans consolider les fondations.

L'ancien technocrate plaide pour ce qu'il appelle une « doctrine d'État » — un cadre de référence qui obligerait chaque ministère, chaque agence, chaque projet public à s'inscrire dans une trajectoire lisible, avec des objectifs chiffrés et des échéances vérifiables.

Planifier, puis évaluer : les deux jambes manquantes

Deux mots reviennent dans son propos : planification et évaluation. La planification, dit-il en substance, c'est décider où l'on va avant de dépenser ; l'évaluation, c'est vérifier après coup si l'argent public a produit l'effet annoncé. Un duo qui paraît élémentaire, mais que l'ancien DG du Budget présente comme le chaînon manquant de l'action publique gabonaise.

Sans ce cadre, avance-t-il, les meilleures intentions se diluent dans l'urgence budgétaire et le renouvellement des équipes ministérielles, chaque nouvelle administration repartant de zéro plutôt que de capitaliser sur ce qui a déjà été mesuré et corrigé.

Ce que cela changerait, concrètement

Pour un citoyen gabonais, la portée d'une telle doctrine ne serait pas théorique. Une politique publique évaluée, c'est un hôpital, une route ou un programme social dont on sait s'il a atteint sa cible — et non plus seulement s'il a été « lancé ». C'est aussi, en creux, un outil pour limiter le gaspillage de ressources publiques dans un pays où chaque franc CFA compte.

Cette proposition reste, à ce stade, une tribune personnelle et non une mesure gouvernementale annoncée. Elle s'inscrit néanmoins dans un débat plus large sur la méthode de la refondation engagée depuis la transition, où la question posée par Yves Fernand Manfoumbi — planifier avant d'agir, évaluer après avoir agi — trouve un écho chez ceux qui réclament des résultats mesurables plutôt que des annonces.

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