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Économie

Or gabonais : un homme d'affaires discret concentrerait les permis clés

Une information à prendre avec prudence évoque la montée en puissance d'un opérateur privé sur les gisements aurifères du pays.

Un nom circule dans les cercles économiques gabonais : celui de Khalil Rihan, homme d'affaires libano-gabonais qui, selon des informations non encore recoupées de façon indépendante, aurait mis la main sur le plus important portefeuille de permis d'exploration et d'exploitation d'or du pays. L'information, si elle se confirme, dirait beaucoup de la manière dont se joue, en coulisses, la répartition d'un secteur censé porter la diversification économique du Gabon.

Site d'exploration aurifère en forêt gabonaise avec engins de chantier
Le secteur aurifère gabonais, encore largement sous-exploité, est au cœur des ambitions de diversification économique du pays.

Un portefeuille qui interroge

Le Gabon mise depuis plusieurs années sur l'or pour sortir de sa dépendance au pétrole et au bois. Le sous-sol gabonais, notamment dans le Haut-Ogooué et le Woleu-Ntem, recèle des gisements identifiés depuis longtemps mais encore largement sous-exploités faute d'infrastructures et d'investissements structurés.

Dans ce contexte, la nouvelle qu'un seul opérateur privé concentrerait, directement ou indirectement, la majorité des permis stratégiques mérite d'être posée avec des pincettes. Une seule source évoque ce scénario pour l'instant, et aucune liste officielle de permis détenus par Khalil Rihan n'a été rendue publique à ce jour. Ni le ministère des Mines ni l'entourage de l'homme d'affaires n'ont, selon nos informations, communiqué sur le sujet.

Pourquoi la concentration inquiète

Si elle se vérifiait, une telle concentration poserait une question simple mais centrale : qui décide, in fine, du rythme d'exploitation d'une ressource nationale ? Un secteur aurifère verrouillé par un nombre restreint d'acteurs limite la concurrence, peut freiner l'arrivée de nouveaux investisseurs et complique la traçabilité des revenus miniers — un point sensible pour un pays qui cherche à professionnaliser sa gouvernance extractive.

À l'inverse, un portefeuille de permis consolidé entre des mains solvables peut aussi accélérer les projets, à condition que les cahiers des charges — emplois locaux, transformation sur place, redevances à l'État — soient respectés et contrôlés. Tout dépendra de la nature réelle des accords signés, dont le détail n'est pas connu publiquement.

Ce qu'il faut surveiller

Pour les Gabonais, l'enjeu concret se situe à trois niveaux : les emplois créés autour des sites, les recettes fiscales et redevances effectivement versées au Trésor, et la part de la production qui échappe, ou non, à l'exportation brute sans valeur ajoutée locale. Ce sont ces indicateurs, vérifiables, qui diront si la consolidation d'un acteur profite au pays ou seulement à son bilan personnel.

En l'état, l'information reste à confirmer par des sources officielles ou des documents publics — cadastre minier, décrets d'attribution. Loop suivra les publications éventuelles du ministère des Mines et toute réaction des autorités sur ce dossier sensible pour la diversification économique nationale.

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