Mines et PME : le pari du contenu local gabonais
Autour d'Eramet-Comilog et du ministère du Commerce, secteur minier et tissu entrepreneurial gabonais cherchent à mieux travailler ensemble.
Le « Local Content », cette part de valeur créée localement plutôt qu'importée, redevient un sujet de discussion entre l'exploitant minier Eramet-Comilog et les autorités gabonaises. Sous l'impulsion de la ministre du Commerce, des PME/PMI et de l'Entreprenariat des jeunes, Zénaba Gninga Chaning, acteurs publics et privés se sont retrouvés pour en discuter les contours. L'enjeu : faire en sorte qu'une mine qui extrait du manganèse dans le Haut-Ogooué fasse aussi vivre des entreprises et des emplois gabonais.

Le contenu local, un concept simple mais décisif
Derrière l'anglicisme « Local Content » se cache une idée assez concrète : à combien s'élève la part de l'activité d'une entreprise minière qui profite réellement à l'économie du pays où elle opère — achats auprès de fournisseurs locaux, sous-traitance confiée à des PME gabonaises, recrutement et formation de la main-d'œuvre du pays ? Plus cette part est élevée, plus l'exploitation minière irrigue l'économie au-delà de la seule redevance versée à l'État.
C'est ce point de jonction entre industrie extractive et développement local qu'a mis en avant la rencontre organisée à l'initiative de la ministre du Commerce, des PME/PMI et de l'Entreprenariat des jeunes, Zénaba Gninga Chaning. Selon nos informations, Eramet-Comilog, qui exploite le gisement de manganèse de Moanda, y a mobilisé des acteurs publics et privés autour de cette ambition commune.
Comilog, une position stratégique dans l'économie gabonaise
Comilog n'est pas un opérateur minier comme un autre au Gabon : le manganèse reste l'un des piliers des exportations du pays, avec le Haut-Ogooué comme bassin de production historique. Faire de cette activité un levier pour les PME et PMI gabonaises — sous-traitance, achats de biens et services, insertion de jeunes entrepreneurs — répond à une attente ancienne des autorités, qui veulent que la rente minière ne se limite pas aux flux financiers vers l'État et l'entreprise.
La présence de la ministre chargée des PME/PMI à cette rencontre illustre la volonté affichée de traduire ce principe en dispositifs concrets d'accompagnement des petites entreprises locales, plutôt que de le laisser à l'état de bonne intention.
Ce qu'il faut surveiller maintenant
À ce stade, les informations disponibles restent limitées à l'annonce de cette mobilisation ; ni calendrier précis ni engagements chiffrés n'ont pour l'instant été rendus publics. La suite dira si cette convergence affichée entre Comilog et les autorités se traduit par des marchés effectivement confiés à des PME gabonaises et par des créations d'emplois vérifiables sur le terrain, à Moanda comme dans le reste du Haut-Ogooué.
Pour les entrepreneurs gabonais du secteur, l'enjeu est justement là : passer du discours sur le contenu local à des contrats concrets, seuls capables de faire de l'exploitation minière un vrai moteur de diversification économique.
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