Île Mbanié : Oligui Nguema réaffirme la voie diplomatique
Le chef de l'État gabonais dit privilégier un règlement pacifique et durable du différend frontalier avec la Guinée équatoriale.
Recevant l'Envoyé spécial du président de la Commission de l'Union africaine, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé l'attachement du Gabon à une résolution négociée du dossier de l'île Mbanié. Un signal adressé à la sous-région sur la volonté de Libreville de privilégier le dialogue plutôt que l'escalade dans ce contentieux frontalier avec la Guinée équatoriale.

Un différend qui dure depuis plus de cinquante ans
L'île Mbanié, un petit territoire situé dans la baie de Corisco, à l'embouchure de l'estuaire du Komo, oppose le Gabon et la Guinée équatoriale depuis les années 1970. Au-delà de sa taille modeste, l'enjeu est stratégique : la zone maritime environnante est considérée comme potentiellement riche en hydrocarbures, ce qui explique l'attention constante portée à ce dossier par les deux pays.
Le différend a connu plusieurs phases de tension et de dialogue, sans qu'une solution définitive n'ait été actée à ce jour. Il s'inscrit dans un contexte plus large de délimitations maritimes en Afrique centrale, où plusieurs frontières héritées de la période coloniale restent sujettes à interprétation.
La diplomatie plutôt que la confrontation
En recevant l'Envoyé spécial du président de la Commission de l'Union africaine, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé l'engagement du Gabon en faveur d'un règlement pacifique de ce contentieux frontalier. Cette position s'inscrit dans la continuité de la ligne défendue par Libreville depuis plusieurs années : privilégier les mécanismes de médiation multilatéraux plutôt que les tensions bilatérales directes.
Le recours à l'Union africaine comme cadre d'échange n'est pas anodin. L'organisation panafricaine dispose d'instruments de médiation destinés à accompagner les États membres dans la résolution de leurs différends territoriaux, sans passer par des instances judiciaires internationales plus longues et parfois plus conflictuelles.
Ce que cela signifie pour la région
Pour le Gabon, afficher un choix clair en faveur du dialogue envoie un signal de stabilité, à la fois vis-à-vis de la Guinée équatoriale et des partenaires économiques régionaux. Un règlement négocié et durable permettrait de sécuriser à terme les activités maritimes et pétrolières dans une zone dont l'exploitation reste aujourd'hui suspendue à l'issue du contentieux.
À ce stade, aucune échéance ni modalité précise de négociation n'a été communiquée publiquement. Le dossier reste suivi de près par les observateurs de la sous-région, dans l'attente d'avancées concrètes entre les deux capitales.
À retenir
Le Gabon confirme sa préférence pour la voie diplomatique dans le dossier de l'île Mbanié, avec l'Union africaine comme cadre d'accompagnement. La suite dépendra désormais des discussions à venir entre Libreville et Malabo, dont le calendrier n'est pas encore connu.
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