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Climat, jeunesse et souveraineté : le Gabon pèse à l'APF de Yaoundé

La 51ᵉ session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie s'est achevée le week-end dernier au Cameroun, avec une délégation gabonaise active sur les dossiers climat et institutions.

Après plusieurs jours de travaux à Yaoundé, la 51ᵉ session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a refermé ses portes autour du thème « Multilatéralisme et souveraineté des États ». Le Gabon y a défendu sa vision, obtenu deux nominations au Bureau et porté un plaidoyer remarqué sur le financement climatique.

Yaoundé a servi de théâtre, le week-end écoulé, à la clôture de la 51ᵉ session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. Plusieurs jours d'échanges intenses ont abouti à des décisions qui engagent l'avenir de cette organisation regroupant les parlements de l'espace francophone.

Le thème retenu cette année, « Multilatéralisme et souveraineté des États », n'a rien d'anodin. Il traduit une tension de plus en plus visible dans les enceintes internationales : comment coopérer sans renoncer à ses marges de décision nationale ? Une question qui résonne particulièrement pour les pays d'Afrique centrale, souvent en position de demandeurs face aux bailleurs et partenaires techniques.

Le Gabon représenté au plus haut niveau

La section gabonaise de l'APF était conduite par son président, l'honorable Michel Régis Onanga M. Ndiaye, également président de l'Assemblée nationale. Lors des interventions des présidents de sections, il a porté la position du pays sur les grands équilibres institutionnels de l'organisation, avant l'examen des projets de résolution soumis par les commissions et les réseaux.

Trois chantiers ont structuré l'ordre du jour : la révision des statuts de l'APF, la séance commune avec les Parlementaires francophones jeunes (PFJ), et un débat de fond sur le changement climatique et la solidarité francophone.

Climat : un appel gabonais aux bailleurs

C'est sur ce dernier point que la voix gabonaise a le plus pesé. L'honorable Angélique Ngoma est intervenue sur le thème « Changement climatique, développement et solidarité francophone : quels engagements dans un monde traversé par les crises ? ».

Son message : une prise de conscience collective est indispensable face aux défis climatiques et de développement. Elle a exhorté les partenaires techniques et financiers à accompagner plus efficacement les sections de l'APF dans la mise en œuvre concrète de leurs initiatives.

Dans un contexte où le Gabon, deuxième poumon vert de la planète après l'Amazonie, cherche à faire reconnaître sa contribution à l'absorption du carbone mondial, ce type de plaidoyer devant une assemblée francophone n'est pas un simple exercice diplomatique. Il s'inscrit dans une bataille plus large pour l'accès aux financements verts, ces mécanismes internationaux censés rémunérer les pays préservant leurs forêts.

Jeunes, femmes et résolutions adoptées

Les réseaux des jeunes et des femmes parlementaires ont également eu leur temps de parole, avant l'adoption de plusieurs projets de résolution proposés par les commissions de l'APF. Ces textes, une fois validés, orientent les priorités de travail de l'organisation pour les mois à venir sur des sujets allant de la gouvernance démocratique aux enjeux de développement.

Deux Gabonais entrent au Bureau de l'APF

La session s'est également traduite par des décisions institutionnelles concrètes pour la délégation gabonaise. L'honorable Roland Matsiendi, quatrième vice-président de l'Assemblée nationale, a été nommé délégué régional Afrique au sein du Bureau de l'APF, l'instance exécutive de l'organisation.

Le directeur des Relations interparlementaires de l'Assemblée nationale gabonaise a lui aussi été désigné à un poste de responsabilité au sein de cette structure. Deux nominations qui renforcent la présence gabonaise dans les rouages décisionnels de la Francophonie parlementaire.

Ce que cela change concrètement

Pour un pays comme le Gabon, siéger au Bureau de l'APF n'est pas qu'une affaire de protocole. C'est un accès direct aux discussions qui définissent les priorités de coopération parlementaire, les programmes de renforcement des capacités et, potentiellement, les canaux de financement liés aux engagements climatiques évoqués à Yaoundé.

Reste à voir si l'appel lancé par la délégation gabonaise aux bailleurs trouvera une traduction budgétaire dans les prochains mois. C'est souvent là que se mesure la portée réelle de ce type de sommet diplomatique.

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