Bangui : les canaux anti-inondations du PRUCAC inspectés par une mission conjointe
Une délégation a visité mardi les chantiers de réhabilitation de deux collecteurs d'eaux pluviales à Bangui, pièces maîtresses d'un projet régional de lutte contre la crise alimentaire.
Une mission conjointe s'est rendue mardi sur les chantiers du collecteur Fayama et des aménagements du collecteur ENAM, dans le 2ᵉ arrondissement de Bangui. Ces travaux s'inscrivent dans le Projet de réponse d'urgence à la crise alimentaire en Centrafrique (PRUCAC). Objectif de la visite : mesurer l'avancement réel des chantiers et écouter les parties prenantes sur le terrain.

Deux collecteurs, un même enjeu
À première vue, ce ne sont que des canaux. Mais à Bangui, le collecteur Fayama et le collecteur ENAM jouent un rôle bien plus stratégique qu'il n'y paraît. Ces ouvrages servent à évacuer les eaux de pluie qui, sans eux, stagnent, débordent et détruisent régulièrement quartiers, marchés et parcelles cultivées en zone urbaine.
Mardi, une mission conjointe a parcouru les deux sites, situés dans le 2ᵉ arrondissement de la capitale centrafricaine. Elle a pu constater l'état d'avancement des travaux, apprécier les réalisations déjà sorties de terre et échanger avec les équipes chargées de la mise en œuvre du projet.
Le lien, souvent oublié, entre eau et faim
Le nom du projet — Projet de réponse d'urgence à la crise alimentaire en Centrafrique, ou PRUCAC — peut surprendre associé à des travaux de canalisation. Il ne devrait pas. Dans une ville comme Bangui, les inondations récurrentes emportent les cultures maraîchères périurbaines, coupent l'accès aux marchés et dégradent les infrastructures qui permettent d'acheminer la nourriture. Réhabiliter un collecteur, c'est donc aussi sécuriser une chaîne alimentaire fragile.
Cette logique n'est pas propre à la Centrafrique. Elle traverse toute l'Afrique centrale, où l'urbanisation rapide dépasse souvent la capacité des réseaux d'assainissement hérités des décennies précédentes.
Ce que ça dit à l'Afrique centrale, Gabon compris
Libreville n'est pas Bangui, mais les deux villes partagent une même vulnérabilité : des quartiers construits sans réseau d'évacuation dimensionné pour des pluies de plus en plus violentes. À chaque grosse averse, la capitale gabonaise voit certains de ses axes se transformer en rivières, avec des conséquences directes sur la circulation des denrées et l'activité des petits commerces.
Le cas centrafricain rappelle une évidence trop souvent reléguée au second plan : la résilience alimentaire se construit aussi sous terre, dans des canalisations qu'on ne voit jamais tant qu'elles fonctionnent. Pour les décideurs de la sous-région CEMAC, l'exemple de Bangui illustre un modèle possible — traiter les infrastructures de drainage comme un investissement de sécurité alimentaire, et non comme une simple dépense d'entretien urbain.
La suite à suivre
Aucune date de livraison n'a été communiquée à ce stade pour l'achèvement des deux collecteurs. Selon les informations disponibles, la mission a surtout permis un état des lieux et un dialogue avec les parties prenantes locales, sans annonce de calendrier précis. D'autres visites de suivi sont probables à mesure que les travaux avanceront.
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