Sénégal : Macky Sall à Dakar pour courtiser l'ONU
L'ancien président sénégalais rencontre vendredi son successeur pour obtenir un appui officiel à sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies.
Macky Sall retourne à Dakar ce vendredi 17 juillet pour une visite éclair. Objectif affiché : convaincre Bassirou Diomaye Faye de soutenir sa candidature au secrétariat général de l'ONU. Une démarche qui en dit long sur les recompositions diplomatiques en cours sur le continent.

L'ancien chef de l'État sénégalais Macky Sall a annoncé, via un communiqué diffusé mardi sur ses réseaux sociaux, qu'il se rendra à Dakar le 17 juillet 2026 pour une visite de quelques heures. Au menu : un entretien avec son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye, dans le cadre d'une démarche visant à obtenir le soutien officiel des autorités sénégalaises à sa candidature au poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations unies.
Un ancien président en quête de relais diplomatique
La démarche illustre une réalité peu discutée mais bien connue des chancelleries : une candidature à la tête de l'ONU se construit d'abord dans les capitales, avant toute campagne internationale. Sans l'appui explicite de son propre pays, aucun candidat ne peut espérer figurer sérieusement dans la course.
Cette rencontre intervient dans un contexte particulier. Macky Sall a quitté le pouvoir en 2024 après une alternance politique marquée par des tensions, avant de laisser la présidence à Bassirou Diomaye Faye. Que l'ancien président sollicite aujourd'hui l'appui de celui qui lui a succédé, parfois dans un climat de rivalité affichée, donne à cette visite une dimension qui dépasse le simple protocole diplomatique.
Pourquoi le poste de secrétaire général fait courir les chefs d'État africains
Le secrétariat général de l'ONU reste l'une des fonctions les plus scrutées de la diplomatie mondiale, même si son titulaire ne dispose pas d'un pouvoir exécutif comparable à celui d'un chef d'État. Le mandat actuel d'Antonio Guterres arrive à échéance, ouvrant une compétition où les candidatures africaines pèsent traditionnellement lourd, en vertu d'un principe de rotation régionale informellement respecté depuis des décennies.
Pour un continent souvent sous-représenté dans la gouvernance mondiale, l'accession d'une personnalité africaine à ce poste serait un signal fort. Reste que la validation d'une candidature suppose un consensus régional et un soutien du Conseil de sécurité, dont les cinq membres permanents disposent d'un droit de veto sur la nomination finale.
Ce que cette démarche révèle pour le Gabon et l'Afrique centrale
Cette séquence sénégalaise, bien qu'éloignée géographiquement, résonne avec une question que se posent régulièrement les diplomaties d'Afrique centrale : comment peser dans les instances multilatérales quand la compétition pour les postes de direction se joue d'abord entre grandes puissances régionales de l'Ouest et de l'Est africain ?
Le Gabon, comme d'autres pays de la sous-région, suit avec attention ces mouvements. Une candidature africaine forte au secrétariat général de l'ONU pourrait, selon la personnalité retenue, ouvrir des portes à des priorités partagées par les pays d'Afrique centrale : climat, gouvernance des forêts tropicales, réforme des institutions financières internationales.
La suite du processus reste incertaine
À ce stade, aucune confirmation officielle du soutien sénégalais n'a été communiquée. L'issue de la rencontre de vendredi déterminera si Macky Sall peut effectivement se présenter avec l'aval de son pays d'origine — une condition généralement jugée indispensable pour espérer figurer parmi les candidats crédibles à la succession de Guterres.
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