À New York, le Gabon vend son plan de croissance à la Francophonie
La ministre de la Planification a présenté aux Nations Unies les grands axes du Plan national de croissance et de développement récemment finalisé.
À New York, la ministre gabonaise de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a été reçue par le représentant permanent de l'Organisation internationale de la Francophonie auprès des Nations Unies, Michel Xavier Biang. Au menu des échanges : tourisme, jeunesse et surtout le tout nouveau Plan national de croissance et de développement (PNCD), la feuille de route censée dessiner l'économie gabonaise des prochaines années.

Une audience diplomatique peut ressembler à un simple protocole. Celle-ci a un objectif plus concret : faire connaître, au cœur du système des Nations Unies, la nouvelle boussole économique du Gabon.
Reçue à New York par Michel Xavier Biang, représentant permanent de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) auprès de l'ONU, Louise Pierrette Mvono a présenté les priorités de développement de son pays. Trois thèmes ont structuré l'échange : le potentiel touristique gabonais, la place de la jeunesse et le Plan national de croissance et de développement (PNCD), dont la finalisation vient d'être annoncée.
Le PNCD, un document qui doit remplacer les intentions par des chiffres
Ce plan n'est pas un slogan. Un PNCD, dans le jargon des ministères de la Planification, sert à fixer des trajectoires précises : taux de croissance visé, secteurs prioritaires, calendrier des réformes. C'est l'outil que les partenaires internationaux — bailleurs, agences onusiennes, investisseurs — examinent en premier lieu avant d'engager des financements ou des partenariats.
En le présentant à un interlocuteur francophone influent auprès des Nations Unies, Libreville cherche à inscrire ses priorités dans les réseaux de coopération multilatérale, là où se discutent souvent les grands programmes d'appui au développement.
Tourisme et jeunesse, deux leviers mis en avant
Le choix de mettre en avant le tourisme n'est pas anodin. Le Gabon dispose d'atouts naturels reconnus — parcs nationaux, biodiversité, littoral — mais son secteur touristique reste largement sous-exploité comparé à d'autres pays de la sous-région. Le présenter devant l'OIF, c'est chercher une visibilité auprès d'un espace francophone qui compte plus de 320 millions de locuteurs répartis sur cinq continents, un vivier potentiel de visiteurs et de partenaires économiques.
Quant à la jeunesse, elle reste le paramètre démographique central de l'équation gabonaise : plus de la moitié de la population a moins de 25 ans. Aucune stratégie de croissance ne tient sans réponse concrète à l'emploi et à la formation de cette génération.
Ce que cette rencontre change, concrètement
Une audience ne signe pas un accord de financement. Mais elle ouvre des portes : celles des réseaux francophones multilatéraux, où circulent expertise technique, appuis institutionnels et, parfois, financements ciblés pour des projets bien identifiés.
Pour les Gabonais, l'enjeu réel se situera dans les mois qui suivent : est-ce que ce type de démarche diplomatique se traduira par des partenariats concrets — appui à la formation des jeunes, coopération touristique, financement de projets inscrits dans le PNCD ? C'est cette suite qui donnera sa vraie mesure à l'exercice new-yorkais.
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