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Financement climat : pourquoi le Gabon réclame un accès direct à l'argent vert

À New York, Libreville dénonce la lenteur des circuits financiers mondiaux et pousse pour une réforme des mécanismes climat-biodiversité.

En marge du Forum politique de haut niveau de l'ONU, le Gabon a porté sa voix jusqu'au siège de la mission de l'Union Africaine à New York. Objectif : dénoncer la complexité des financements climatiques mondiaux et réclamer un accès plus direct aux fonds verts. Un plaidoyer qui touche directement à la capacité du pays à protéger sa forêt et financer sa transition.

Bâtiment de la mission permanente de l'Union Africaine à New York lors d'un événement diplomatique sur le climat
Le rapport OCDE-IFDD sur l'accès au financement climat a été lancé en marge du Forum politique de haut niveau de l'ONU à New York.

Le décor n'est pas anodin. C'est au siège de la mission permanente de l'Union Africaine à New York qu'a été lancé un rapport conjoint de l'OCDE et de l'Organisation internationale de la Francophonie, via son Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD). Un document au titre en forme de programme : « L'accès au financement pour le climat et la biodiversité : des engagements mondiaux à l'action nationale ».

C'est dans cette enceinte, en marge du Forum politique de haut niveau (HLPF) 2026, que Louise Pierrette Mvono, ministre gabonaise de la Planification et de la Prospective, a pris la parole pour défendre les intérêts de son pays.

Un problème d'accès, pas seulement d'argent

Le message porté par la ministre gabonaise ne tourne pas autour d'un simple manque de fonds disponibles à l'échelle mondiale. Il pointe une architecture financière jugée trop lourde et trop lente pour les pays qui, comme le Gabon, ont besoin d'agir vite sur le terrain.

Concrètement, cela signifie des dossiers qui s'empilent dans les circuits des grands fonds internationaux, des procédures d'éligibilité complexes, et des délais qui peuvent se compter en années entre l'annonce d'un engagement climatique mondial et le premier virement effectivement reçu par un pays comme le Gabon. Le rapport OCDE-IFDD, présenté à cette occasion, documente précisément cet écart entre les engagements mondiaux pris lors des grandes conférences climat et l'action nationale réelle, freinée par la lourdeur des mécanismes.

Le Gabon, un cas d'école pour la finance climat

La position gabonaise a un poids particulier. Le pays abrite l'une des plus grandes forêts tropicales encore intactes au monde, un puits de carbone capital pour la régulation du climat mondial. Il a été l'un des rares pays africains à recevoir des paiements pour les résultats obtenus dans la préservation de sa forêt, via des mécanismes de type REDD+.

Mais ces expériences ont aussi montré les limites du système actuel : des financements souvent conditionnés, des vérifications longues, et une part relativement faible de l'argent qui arrive directement aux acteurs nationaux plutôt que de transiter par une multitude d'intermédiaires internationaux.

C'est précisément ce que réclame Libreville : un accès plus direct, plus rapide, et plus équitable aux ressources censées financer la protection du climat et de la biodiversité, sans que l'essentiel des fonds ne se dilue en frais de gestion ou en lenteurs administratives.

Ce que ça change concrètement pour le Gabon

Si cette réforme des mécanismes de financement voit le jour, les implications sont tangibles. Un accès direct aux fonds climat permettrait de financer plus rapidement des projets de reboisement, de gestion des parcs nationaux, ou de développement des énergies renouvelables sans attendre des années de validation.

Cela renforcerait aussi la capacité du pays à valoriser économiquement son capital naturel, à un moment où le Gabon cherche à diversifier son économie au-delà du pétrole. La forêt, longtemps perçue comme une simple réserve écologique, devient un actif financier à part entière — à condition que les mécanismes de paiement fonctionnent réellement.

Une bataille diplomatique qui se joue à plusieurs voix

Le plaidoyer gabonais s'inscrit dans un mouvement plus large porté par plusieurs pays africains et francophones, qui partagent le même constat : les promesses de financement climat annoncées lors des grandes conférences internationales se heurtent, une fois sur le terrain, à des circuits d'attribution jugés inadaptés aux réalités nationales.

Le rapport OCDE-IFDD, présenté à New York, doit désormais alimenter les discussions futures sur la réforme de ces mécanismes. Pour le Gabon, l'enjeu est clair : transformer un discours de principe en flux financiers concrets, capables de soutenir sa stratégie de développement durable sans attendre que les rouages internationaux se débloquent d'eux-mêmes.

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