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Sommet de l'eau à N'Djamena : le Gabon en quête de financements

Le ministre gabonais de l'Eau participe à une rencontre continentale au Tchad, où se négocient des soutiens financiers pour l'accès universel à l'eau potable.

Le ministre gabonais de l'Accès Universel à l'Eau et à l'Énergie, Philippe Tonangoye, représente le Gabon à N'Djamena, où s'est ouvert mercredi un sommet consacré à l'eau pour tous. Derrière l'intitulé sobre de la rencontre, un enjeu concret : capter des financements et des solutions techniques pour accélérer l'accès à l'eau potable au Gabon.

Illustration symbolisant l'accès à l'eau potable en Afrique centrale
L'accès à l'eau potable reste inégal entre zones urbaines et rurales au Gabon.

Le thème retenu pour ce rendez-vous continental, « De la vision à l'action », résume bien l'ambition affichée par les organisateurs. Co-porté par le gouvernement tchadien, ce sommet réunit des délégations venues de plusieurs pays africains confrontés au même défi : garantir l'accès à l'eau potable à des populations souvent éloignées des réseaux existants.

Pour le Gabon, la présence du ministre Philippe Tonangoye n'est pas qu'un exercice diplomatique. Ces sommets sectoriels sont devenus, ces dernières années, des points de passage incontournables pour les États qui cherchent à mobiliser des bailleurs internationaux sur des projets d'infrastructures hydrauliques.

Pourquoi l'eau reste un défi au Gabon

Malgré une pluviométrie abondante et des ressources en eau douce considérables, le Gabon fait face à des inégalités d'accès persistantes, notamment dans les zones rurales et certains quartiers périphériques des grandes villes. Le réseau de distribution, vieillissant par endroits, peine à suivre l'urbanisation rapide de Libreville et de ses environs.

Ce paradoxe n'est pas propre au pays : plusieurs États d'Afrique centrale, riches en eau mais pauvres en infrastructures de captage et de distribution, se retrouvent dans une situation similaire. C'est précisément ce type de constat qui pousse les gouvernements à chercher, à l'extérieur, des financements et des retours d'expérience.

Ce qui se joue concrètement à N'Djamena

Les sommets de ce type servent généralement de vitrine pour présenter des projets nationaux aux bailleurs — banques de développement, fonds climatiques, partenaires bilatéraux — et pour échanger sur les technologies éprouvées ailleurs : forages solaires, réseaux communautaires à faible coût, systèmes de gestion intelligente des fuites.

Pour l'instant, aucun montant ni accord précis n'a été communiqué concernant une éventuelle participation gabonaise à des financements issus de cette rencontre. La délégation gabonaise s'inscrit dans une démarche de représentation et d'échange, dont les résultats concrets — s'ils existent — devraient se préciser dans les semaines suivant la clôture du sommet.

Et pour les Gabonais, qu'est-ce que ça change ?

Si des financements ou des partenariats techniques venaient à se concrétiser, l'impact se mesurerait d'abord dans les zones où le robinet reste un luxe : quartiers non lotis de Libreville, villages de l'intérieur non raccordés au réseau. L'accès à l'eau potable conditionne directement la santé publique, la scolarisation des filles souvent mobilisées pour la corvée d'eau, et le développement économique local.

Reste que ces sommets internationaux se traduisent rarement en résultats immédiats. La vraie mesure du succès de ce déplacement se lira dans les mois à venir, à travers d'éventuelles annonces de projets financés ou de partenariats techniques noués avec d'autres délégations présentes à N'Djamena.

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