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Société

Chantiers à l'arrêt à Port-Gentil : le groupe Féfé Onanga hausse le ton

En conférence de presse, le groupe qui porte le nom de Féfé Onanga dénonce la lenteur de plusieurs projets publics dans la capitale économique du Gabon.

À Port-Gentil, la question des chantiers publics inachevés refait surface. Le groupe Féfé Onanga a pris la parole pour pointer du doigt la gestion de plusieurs projets restés en suspens, en réponse à une lettre ouverte qui l'interpellait directement. L'échange, inhabituel dans sa forme, met en lumière un problème bien réel : celui du décalage entre les annonces de travaux et leur exécution sur le terrain.

Chantier public à l'arrêt à Port-Gentil, engins de travaux immobiles
À Port-Gentil, plusieurs projets d'infrastructures publiques restent suspendus, selon des responsables locaux.

Il y a des villes où l'on juge une décennie à l'aune de ses grues. À Port-Gentil, capitale économique du Gabon et poumon pétrolier du pays, ce sont plutôt les grues arrêtées qui font parler. C'est dans ce contexte que le groupe Féfé Onanga a organisé une conférence de presse pour répondre à une lettre ouverte signée par Philippe César Boutimba Dieta, tout en profitant de l'occasion pour interpeller les autorités sur l'état de plusieurs chantiers publics à l'arrêt dans la ville.

Une réponse publique à une interpellation privée

La forme de l'événement mérite d'être soulignée : une lettre ouverte, adressée au groupe qui porte le nom de Féfé Onanga, a trouvé sa réponse non pas dans un courrier discret, mais devant la presse. Ce choix de la transparence traduit une volonté de porter le débat sur la place publique plutôt que de le régler en coulisses.

Au cœur de l'échange : la gestion de plusieurs projets publics engagés dans la capitale économique du pays. Les responsables du groupe ont dénoncé des retards et des arrêts de travaux, sans que le détail exact des chantiers concernés ni les montants engagés soient précisés dans l'immédiat par nos informations. Cette prudence s'impose tant qu'une liste précise et chiffrée n'aura pas été rendue publique.

Pourquoi ça compte pour les habitants

Un chantier public à l'arrêt, ce n'est jamais qu'une question esthétique. C'est une route qui reste défoncée, un marché qui ne rouvre pas, une école ou un dispensaire qui attend toujours sa livraison. À Port-Gentil, ville tournée vers l'industrie pétrolière mais confrontée comme le reste du pays aux défis d'infrastructures, chaque retard pèse directement sur le quotidien des habitants et sur l'attractivité économique de la ville.

Les projets d'infrastructures publiques, qu'ils soient portés par l'État, les collectivités locales ou des partenaires privés, structurent la vie urbaine : voirie, assainissement, équipements collectifs. Leur blocage prolongé nourrit un sentiment de défiance, même lorsque les causes — financières, techniques ou administratives — restent multiples et rarement univoques.

Un soutien réaffirmé au chef de l'État

Fait notable de cette prise de parole : le groupe Féfé Onanga a tenu à réaffirmer son soutien au président Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette précision n'est pas anodine. Elle situe la critique des chantiers non pas comme une remise en cause de la politique nationale, mais comme un appel à l'exécution effective de projets déjà décidés — une nuance qui change tout le sens de l'interpellation.

C'est d'ailleurs une tension classique dans la gouvernance des grands projets : l'écart entre la décision politique, prise au sommet, et sa traduction concrète sur le terrain, qui dépend d'acteurs multiples — entreprises exécutantes, financements débloqués, suivi administratif local. Pointer un chantier à l'arrêt ne revient pas à contester une orientation, mais à demander des comptes sur sa mise en œuvre.

Ce qu'il faut surveiller maintenant

Cette interpellation publique, si elle reste pour l'heure générale dans ses termes, pose une question simple que les autorités locales et nationales devront trancher : quels chantiers, à quelle échéance, avec quel financement ? Le suivi de ce dossier dépendra désormais de la capacité des autorités compétentes à répondre avec des éléments précis — calendrier, budget, responsabilités — plutôt que par des déclarations d'intention.

Pour les habitants de Port-Gentil, l'enjeu est concret : voir enfin se concrétiser des projets annoncés depuis parfois plusieurs années. Pour les autorités, l'occasion est aussi de démontrer, par des faits vérifiables, que l'exécution suit la décision.

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