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Économie

À Libreville, des étudiants plaident pour la confiance des investisseurs

Un concours de plaidoirie sur le droit des affaires OHADA révèle un enjeu trop souvent sous-estimé au Gabon : la sécurité juridique comme argument économique.

Le 18 juillet 2026, le Club OHADA de l'EM Gabon – Université organise à Libreville la première édition du Concours national de l'As OHADA de la plaidoirie. Derrière l'exercice académique, une question très concrète : dans la bataille africaine pour attirer les capitaux étrangers, la solidité du droit des affaires pèse-t-elle autant que les incitations fiscales ? Selon nos informations, l'initiative veut justement remettre ce débat sur la table.

Étudiants participant à un concours de plaidoirie en droit des affaires devant un jury
Le droit des affaires harmonisé OHADA encadre les règles commerciales dans 17 pays d'Afrique francophone, dont le Gabon.

Un concours d'étudiants, un enjeu de compétitivité

À première vue, c'est un événement universitaire comme il en existe des dizaines : des étudiants en droit et en gestion s'affrontent à l'oral, défendent des cas fictifs, sont jugés par un jury de praticiens. Mais le choix du sujet n'a rien d'anodin. Le concours porte sur le droit OHADA, l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires, qui régit depuis 1993 les règles commerciales communes à 17 pays d'Afrique francophone, dont le Gabon.

Ce droit harmonisé — contrats, sociétés commerciales, sûretés, procédures collectives — a été pensé pour une raison simple : rassurer les investisseurs qui, avant de signer un chèque, veulent savoir ce qui se passe si un litige éclate. Un cadre juridique prévisible et unifié réduit le risque perçu, donc le coût du capital. C'est un langage que parlent aussi bien les bailleurs internationaux que les fonds d'investissement régionaux.

Pourquoi le droit pèse dans la décision d'investir

Dans les classements internationaux sur le climat des affaires, la qualité de la justice commerciale et la rapidité de traitement des litiges figurent systématiquement parmi les critères les plus scrutés. Un investisseur qui hésite entre deux pays de la zone OHADA ne compare pas seulement les taux d'imposition : il regarde aussi si les tribunaux appliquent le droit de façon cohérente, si les décisions arbitrales sont respectées, si les procédures ne s'enlisent pas pendant des années.

Pour le Gabon, qui cherche à diversifier son économie au-delà du pétrole et du bois, cette dimension juridique fait partie intégrante de l'attractivité du pays. Une réputation de sécurité contractuelle peut compter autant, dans une négociation, qu'une exonération fiscale temporaire — parce qu'elle rassure sur le long terme, quand les avantages fiscaux, eux, ont une date d'expiration.

Former les praticiens de demain

C'est là que l'initiative de l'EM Gabon – Université prend tout son sens. Un concours de plaidoirie n'est pas qu'un exercice de rhétorique : il forme des futurs juristes, magistrats ou conseillers d'entreprise à manier concrètement les textes OHADA, à en connaître les subtilités, à savoir les faire respecter devant une juridiction. Or ce sont précisément ces professionnels qui, demain, conseilleront les entrepreneurs gabonais et sécuriseront les contrats avec des partenaires étrangers.

La montée en compétence locale sur le droit des affaires est un maillon souvent invisible de la chaîne économique. On parle volontiers d'infrastructures, de zones économiques spéciales, de partenariats industriels — on parle moins souvent des cabinets d'avocats, des greffes de tribunaux de commerce et des étudiants qui, aujourd'hui à Libreville, s'entraînent à défendre un dossier fictif de rupture de contrat commercial.

Ce qu'il faut retenir

Un concours étudiant ne change pas, à lui seul, la trajectoire économique d'un pays. Mais il est révélateur d'une prise de conscience : celle que la compétitivité du Gabon se joue aussi sur le terrain du droit, pas seulement sur celui des ressources naturelles ou des infrastructures. Former des juristes solides en droit OHADA, c'est préparer le terrain pour des investissements plus nombreux et mieux sécurisés. Un signal encore modeste, mais qui mérite d'être suivi dans les prochaines éditions.

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