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Économie

Exonérations fiscales : Oligui Nguema ordonne un audit tous azimuts

Le chef de l'État exige un passage au crible des avantages fiscaux et douaniers accordés aux entreprises, pour restaurer une vision claire des recettes publiques.

Selon nos informations, Brice Clotaire Oligui Nguema a donné instruction de lancer un audit complet des exonérations fiscales et douanières consenties aux entreprises opérant au Gabon. L'objectif affiché : séparer les avantages qui profitent réellement à l'économie nationale de ceux qui ne font que grever les finances publiques. Une mesure qui s'inscrit dans une volonté plus large de transparence sur les recettes de l'État.

Illustration d'un bâtiment administratif avec des graphiques représentant les recettes fiscales de l'État gabonais
Un audit des exonérations fiscales et douanières a été ordonné pour clarifier les recettes de l'État.

Un audit pour lever le voile sur les recettes

Depuis plusieurs années, l'État gabonais accorde des exonérations fiscales et douanières à un grand nombre d'entreprises, dans des secteurs allant de l'agro-industrie aux hydrocarbures en passant par certains investissements stratégiques. Ces dispositifs, censés attirer les capitaux et soutenir l'emploi local, échappent souvent à un suivi rigoureux une fois accordés.

Selon nos informations, le président de la République a demandé que ces avantages soient passés au crible, entreprise par entreprise, secteur par secteur. Il s'agit de vérifier, concrètement, si chaque exonération produit un retour tangible pour l'économie nationale — en emplois, en investissements réels, en valeur ajoutée locale — ou si elle s'apparente à une simple perte de recettes pour le Trésor public.

Pourquoi cette question compte pour le budget de l'État

Dans beaucoup de pays producteurs de matières premières, les exonérations fiscales et douanières représentent une part significative des recettes que l'État ne perçoit pas. Chaque exonération non justifiée est, en creux, un manque à gagner qui pourrait financer des routes, des hôpitaux ou des écoles.

Ce coup de pression présidentiel s'adresse donc en premier lieu aux régies financières — la Direction générale des impôts et la Direction générale des douanes — chargées de collecter l'essentiel des ressources de l'État. L'enjeu est de leur donner une visibilité nette sur ce qui rentre réellement dans les caisses publiques, condition préalable à toute politique budgétaire crédible.

Ce que cela change potentiellement pour les entreprises et les Gabonais

Pour les entreprises bénéficiaires d'exonérations, cet audit signifie potentiellement un réexamen de leur situation fiscale, avec à la clé soit la confirmation de leur avantage, soit sa remise en cause si celui-ci ne se traduit pas par des retombées concrètes pour l'économie locale.

Pour les Gabonais, l'enjeu est plus large : une meilleure maîtrise des recettes publiques conditionne la capacité de l'État à financer les services de base et les investissements structurants. Plus l'État perçoit ce qui lui est dû, moins il dépend de l'endettement pour boucler ses budgets.

Une mesure encore à préciser

La mesure a été annoncée, mais son calendrier, sa méthodologie exacte et les secteurs prioritaires visés n'ont pas encore été détaillés publiquement. Nous suivrons les prochaines étapes de cet audit, notamment les premiers résultats qui pourraient être communiqués par les régies financières.

Ce type d'exercice, s'il est mené à son terme, pourrait néanmoins marquer une étape importante dans l'effort de transparence budgétaire engagé par les autorités, à un moment où la mobilisation des ressources internes reste un enjeu central pour l'économie gabonaise.

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