Passpartout : la billetterie gabonaise qui fait payer 10% et livre le reste
Une plateforme conçue à Libreville veut regrouper billets, votes et paiements pour les organisateurs d'événements gabonais.
Bantu Smart lance Passpartout, une application tout-en-un pour vendre des billets, gérer des concours et encaisser en Mobile Money. Sur le papier, elle répond à un problème très concret : les faux billets, les files interminables et l'absence d'outils locaux adaptés au FCFA.

Un organisateur de concert à Libreville qui veut vendre des billets en ligne n'a, jusqu'ici, que deux options peu satisfaisantes : bricoler avec des réseaux sociaux et des listes papier, ou passer par des plateformes étrangères sans support local ni Mobile Money natif. Passpartout, développée par la société gabonaise Bantu Smart, se positionne justement sur ce vide.
Un billet qui ne peut plus être falsifié
Le principe technique est simple mais efficace : chaque billet vendu embarque un QR code unique et à usage unique. Concrètement, un même billet ne peut plus être scanné deux fois à l'entrée, ce qui règle un problème récurrent lors des grands événements — la revente ou la duplication de billets papier. L'organisateur crée son événement en trois étapes, fixe ses catégories de prix (Standard, VIP, Carré or) en FCFA, et suit en temps réel les ventes, les entrées validées et les places restantes.
Le paiement se fait par Airtel Money, Moov Money ou carte bancaire, un choix qui colle aux usages réels : au Gabon, le Mobile Money reste le mode de paiement dominant pour ce type de dépense du quotidien, là où beaucoup de plateformes internationales n'intègrent que la carte.
Les votes de concours, un revenu à part entière
Autre brique notable : la gestion des concours (Miss, talents, élections diverses). Les organisateurs peuvent ouvrir des votes payants, avec cagnotte et classement mis à jour en direct — un modèle qui transforme une simple animation en source de revenus additionnelle pour l'événement, un usage déjà répandu ailleurs mais rarement outillé localement.
Le prix à payer : 10% de commission
Côté modèle économique, l'inscription est gratuite mais Passpartout prélève une commission de 10% sur les recettes encaissées, billets et votes confondus. Concrètement : sur 34 500 FCFA de recettes brutes, l'organisateur récupère 31 050 FCFA nets. Les gains sont versés à la demande, soit vers un portefeuille interne doté d'une carte VISA virtuelle, soit directement en Mobile Money.
Ce taux se situe dans la fourchette classique des plateformes de billetterie à l'international, où les commissions tournent souvent entre 5% et 15% selon les services inclus. La différence ici tient à la promesse d'un support local et d'un interlocuteur joignable, argument qui pèse lourd pour des organisateurs habitués à l'absence de service client des outils étrangers.
Un pari sur tout l'écosystème événementiel
Au-delà de la vente, la plateforme ambitionne de couvrir toute la chaîne : annuaire de prestataires (DJ, traiteurs, sécurité), plus de 30 types d'espaces à louer, boutique de produits dérivés, statistiques en temps réel et même un assistant de rédaction par intelligence artificielle pour aider à décrire un événement. Vingt catégories sont couvertes, du mariage au festival en passant par la conférence professionnelle.
Reste la question habituelle pour ce type d'outil naissant : la capacité à convaincre un nombre suffisant d'organisateurs pour que l'écosystème — prestataires, lieux, public — atteigne une masse critique. C'est cette adoption, plus que la technologie elle-même, qui déterminera si Passpartout devient une référence ou reste une promesse.
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