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Économie

ONDSC : 3,7 milliards confiés à une seule entreprise, sans appel d'offres

En une seule journée, trois marchés publics ont été attribués au même prestataire par l'Office National de Développement du Sport et de la Culture, sans mise en concurrence.

Le 18 février 2025, trois contrats distincts, publiés par la Direction Générale des Marchés Publics, ont été signés par l'Office National de Développement du Sport et de la Culture (ONDSC) avec un seul et même prestataire, pour un montant cumulé de **3,7 milliards de FCFA**. Aucun appel d'offres n'apparaît dans les fiches consultées. Une coïncidence de calendrier et de bénéficiaire qui, dans un secteur où la commande publique pèse lourd, mérite d'être posée sur la table et expliquée.

Illustration graphique représentant des documents de marchés publics et des montants en FCFA
Trois marchés, une même date, un même bénéficiaire : le cas relevé dans les fiches de la Direction Générale des Marchés Publics.

Trois marchés, une seule date, un seul gagnant

Les fiches de marchés publiés par la Direction Générale des Marchés Publics (DGMP) font remonter un chiffre qui interpelle : le 18 février 2025, l'ONDSC a signé trois contrats séparés avec le même prestataire, pour un total de 3,7 milliards de FCFA. Selon nos informations, aucune procédure d'appel d'offres n'apparaît associée à ces trois marchés dans la documentation publiée.

Ce n'est pas la répétition de la date qui fait problème en soi — un service peut tout à fait signer plusieurs contrats le même jour. C'est la combinaison des trois éléments qui interroge : même journée, même bénéficiaire, montant cumulé qui dépasse largement le marché isolé. Dans la gestion publique, ce type de configuration est précisément ce que les procédures de mise en concurrence sont censées éviter.

Ce que dit la règle sur le gré à gré

Au Gabon comme dans la plupart des systèmes de marchés publics, l'attribution sans appel d'offres — dite de gré à gré — n'est pas interdite par principe. Elle reste toutefois censée demeurer l'exception : urgence avérée, prestataire unique techniquement incontournable, ou montant sous un seuil réglementaire précis. Au-delà de ces cas, la loi impose la mise en concurrence pour garantir le meilleur usage de l'argent public et éviter la concentration de la commande autour d'un même acteur.

À 3,7 milliards de FCFA, la somme dépasse largement les seuils habituellement associés aux procédures simplifiées. C'est un montant qui, dans la plupart des cadres budgétaires, aurait dû transiter par un appel à la concurrence formalisé, avec publication, délais de dépôt et grille de sélection.

Pourquoi ça compte pour les finances publiques

L'ONDSC gère des infrastructures et des programmes liés au sport et à la culture — des secteurs où l'État investit pour préparer des compétitions, entretenir des équipements ou soutenir des événements. Chaque franc alloué sans mise en concurrence est un franc dont le rapport qualité-prix n'a pas été testé face à d'autres offres.

Pour le contribuable gabonais, la question n'est pas seulement de savoir si les travaux ou services ont été rendus, mais si l'État a payé le juste prix. Une procédure ouverte permet en théorie de comparer les devis, de négocier les délais et de vérifier les références du prestataire — autant de garde-fous qui, en l'absence d'appel d'offres, reposent uniquement sur le contrôle interne de l'organisme commanditaire.

Ce qu'il reste à établir

À ce stade, aucune source officielle n'a détaillé la nature exacte des trois marchés — nature des travaux ou services, motif invoqué pour l'attribution directe, ou éventuelle dérogation réglementaire. Le montant global de 3,7 milliards de FCFA provient des fiches de la DGMP, mais les circonstances précises de l'attribution restent, en l'état de nos informations, à préciser par l'ONDSC ou par l'autorité de tutelle.

Dans un contexte où le Gabon a engagé des réformes de transparence de la commande publique, ce type de dossier illustre l'intérêt d'une publication systématique et détaillée des justifications de gré à gré. C'est ce niveau d'information qui permettrait de distinguer une procédure exceptionnelle légitime d'une pratique à corriger. Nous avons sollicité des précisions et publierons toute réponse circonstanciée.

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