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Économie

Nyanga : le Gabon veut sa première usine de marbre

Un projet annoncé dans la Nyanga pourrait marquer la fin de l'exportation du marbre brut gabonais.

Le Gabon prépare, selon nos informations, l'installation d'une première usine de transformation de marbre dans la province de la Nyanga. Un projet qui, s'il se concrétise, s'inscrirait dans la stratégie plus large de transformation locale des ressources, engagée depuis plusieurs années dans le bois et le manganèse. Reste à savoir, à ce stade encore préliminaire, quand et comment ce chantier prendra forme.

Bloc de marbre brut posé au sol devant un paysage forestier de la province de la Nyanga, au Gabon.
La province de la Nyanga pressentie pour accueillir la première usine de transformation de marbre du Gabon.

Le marbre gabonais, jusqu'ici, part brut. Extrait puis expédié tel quel vers des usines étrangères qui le taillent, le polissent et en captent l'essentiel de la valeur ajoutée. Ce schéma pourrait changer avec l'annonce d'un projet d'usine de transformation dans la province de la Nyanga, dans le sud-ouest du pays.

Une logique déjà éprouvée dans le bois et le manganèse

Ce n'est pas la première fois que le Gabon tente de sortir de la simple extraction. Depuis 2010, l'interdiction d'exporter les grumes non transformées a fait émerger toute une filière de sciage et de contreplaqué autour de la zone économique de Nkok. Dans le manganèse, des unités de transformation se sont également développées à Moanda, portées par les grands opérateurs du secteur.

Le marbre suivrait donc une trajectoire connue : transformer sur place pour capter davantage de valeur, créer des emplois qualifiés et réduire la dépendance aux cours des matières premières brutes, souvent fixés loin du Gabon et sans marge de négociation pour les producteurs locaux.

Ce qu'une telle usine changerait concrètement

Une unité de transformation du marbre implique des étapes précises : découpe en blocs, sciage en plaques, polissage, puis calibrage selon les usages — dallage, revêtement, mobilier. Chacune de ces étapes est aujourd'hui réalisée hors du pays, ce qui prive l'économie locale des emplois et des marges associés.

Si le projet se réalise, la Nyanga pourrait voir émerger des emplois directs liés à l'exploitation et à la transformation, mais aussi des activités induites : transport, maintenance industrielle, sous-traitance. Un modèle qui rappellerait, à une échelle différente, ce que Nkok a représenté pour la filière bois.

Prudence de mise sur le calendrier

À ce stade, l'information relève d'une annonce de projet et non d'un chantier engagé. Aucune date de démarrage, aucun montant d'investissement ni aucun opérateur industriel n'ont été précisés dans les informations disponibles à ce jour. La provenance des financements, la capacité de production envisagée et le porteur exact du projet restent à préciser.

Cette réserve n'enlève rien à l'intérêt de la démarche : elle s'inscrit dans la continuité d'une politique de transformation locale portée par les autorités gabonaises depuis plus d'une décennie. Mais entre l'annonce et la première plaque de marbre polie sortant d'une usine gabonaise, le chemin reste, pour l'instant, à baliser.

Et pour les Gabonais ?

Si le projet aboutit, la Nyanga — province encore peu industrialisée — pourrait gagner une activité économique structurante, avec des retombées en emplois et en recettes locales. Pour l'État, c'est aussi une carte de plus dans la diversification hors pétrole, un objectif martelé depuis des années mais qui se mesure, justement, projet par projet, filière par filière.

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