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Économie

Mines : la LFR 2026 verrouille la fiscalité pour rassurer les investisseurs

Le Sénat a adopté un texte qui redessine les règles fiscales applicables au secteur minier gabonais.

La Loi de finances rectificative (LFR) 2026, votée par le Sénat, introduit de nouvelles conventions fiscales pour le secteur minier. L'objectif affiché : sécuriser juridiquement les opérateurs et adapter la fiscalité aux ambitions de transformation locale des ressources. Un signal envoyé aux investisseurs, dans un secteur qui pèse lourd dans l'économie gabonaise.

Site minier gabonais avec engins d'extraction et infrastructures de transport du minerai
Le secteur minier, porté notamment par le manganèse, reste un pilier des recettes non pétrolières du Gabon.

Un texte voté, des ambitions affichées

Le Sénat a approuvé la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, qui comporte un volet spécifique dédié au secteur minier. Concrètement, le texte valide de nouvelles conventions fiscales censées mieux encadrer les investissements dans ce secteur stratégique pour l'économie gabonaise.

Deux mots reviennent dans la présentation du texte : sécurité juridique et transformation locale. Le premier renvoie à la stabilité des règles du jeu fiscal offertes aux opérateurs miniers sur la durée de leurs projets — un critère déterminant quand un investissement s'étale sur plusieurs décennies et mobilise des centaines de millions de dollars. Le second traduit une volonté, déjà affichée par les pouvoirs publics, de ne plus se contenter d'exporter la matière première brute mais de développer une transformation sur le sol gabonais.

Pourquoi la fiscalité minière compte autant

Le Gabon est le deuxième producteur mondial de manganèse, une ressource extraite notamment dans le Haut-Ogooué et exportée en grande partie via le port d'Owendo. Ce minerai, essentiel à la fabrication de l'acier et de plus en plus recherché pour les batteries, constitue l'un des piliers non pétroliers des recettes de l'État.

Une convention fiscale minière fixe, pour un projet donné, les règles d'imposition — taux, exonérations temporaires, redevances — qui s'appliqueront pendant toute la durée de l'exploitation. Pour un investisseur, disposer d'un cadre stable évite le risque de voir la fiscalité changer en cours de route, un facteur souvent déterminant dans la décision d'engager ou non des capitaux lourds sur un site minier.

Ce que ça peut changer pour le Gabon

Si les modalités précises de ces nouvelles conventions n'ont pas encore été détaillées publiquement, la logique de ce type de réforme est généralement la même : rassurer les opérateurs déjà présents tout en rendant le pays plus attractif pour de nouveaux entrants, dans un contexte de concurrence régionale sur les ressources minérales.

La mention explicite d'une adaptation du régime fiscal à la transformation locale suggère aussi une volonté de capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire — c'est-à-dire de faire en sorte qu'une part croissante de la richesse générée par le minerai reste au Gabon, sous forme d'emplois industriels et de recettes fiscales, plutôt que d'être exportée brute.

Les points qui restent à préciser

À ce stade, le contenu exact des nouvelles conventions fiscales — taux appliqués, secteurs miniers concernés au-delà du manganèse, calendrier de mise en œuvre — n'a pas encore fait l'objet d'une communication détaillée. Les prochaines étapes réglementaires et les retours des opérateurs miniers permettront de mesurer l'ampleur réelle de ce changement.

Ce qui est acquis, c'est le signal politique : le Gabon affiche sa volonté de stabiliser son cadre fiscal minier au moment où plusieurs pays de la région se disputent les mêmes investisseurs pour financer l'exploitation de leurs sous-sols.

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