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Économie

Fastjet lorgnerait le Gabon comme porte d'entrée vers l'Afrique centrale

Le transporteur panafricain disposerait déjà, via sa filiale locale, du sésame réglementaire pour décoller depuis Libreville.

Un projet d'expansion de la compagnie aérienne Fastjet vers l'Afrique centrale et de l'Ouest ferait du Gabon sa tête de pont. L'atout du pays : sa filiale Solenta Aviation Gabon détiendrait déjà le précieux certificat qui autorise à transporter des passagers. Une information à ce stade isolée, qu'il faut manier avec prudence, mais qui mérite d'être décryptée tant elle toucherait à un problème bien connu des voyageurs gabonais : le manque de liaisons directes dans la sous-région.

Avion de ligne stationné sur le tarmac de l'aéroport de Libreville au Gabon.
Le Gabon pourrait devenir la base d'expansion de Fastjet vers l'Afrique centrale et de l'Ouest.

Voler de Libreville à Douala, Brazzaville ou Kinshasa reste souvent une épreuve : correspondances par Addis-Abeba, Casablanca ou Paris, tarifs élevés, fréquences limitées. C'est précisément ce vide que Fastjet, transporteur panafricain né en Tanzanie, chercherait à combler en s'appuyant sur le Gabon pour amorcer son déploiement en Afrique centrale et de l'Ouest.

Un sésame déjà en poche

L'atout mis en avant tient à une filiation capitalistique. Fastjet est détenue à 81 % par le groupe Solenta Aviation, spécialiste panafricain de l'aviation régionale et cargo. Or Solenta possède au Gabon une entité locale, Solenta Aviation Gabon, qui disposerait déjà d'un Certificat de Transporteur Aérien (CTA).

Ce document, c'est en quelque sorte le permis de conduire d'une compagnie aérienne : il atteste, après des mois voire des années d'audits techniques, de sécurité et de contrôles de maintenance, qu'un opérateur est apte à transporter des passagers ou du fret en toute légalité. L'obtenir de zéro peut prendre du temps et coûter cher. En disposer déjà, pour Fastjet, reviendrait à sauter une étape administrative généralement longue et coûteuse pour tout nouvel entrant sur un marché aérien.

Pourquoi le Gabon plutôt qu'un autre pays

Au-delà du CTA, le Gabon présente une position géographique charnière entre l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale, avec Libreville comme point d'appui logique pour irriguer des capitales comme Douala, Brazzaville, Kinshasa ou encore Lomé et Abidjan. Le pays dispose aussi d'infrastructures aéroportuaires déjà utilisées par des compagnies régionales et internationales, ce qui limiterait les investissements de départ.

Pour Fastjet, sortie il y a quelques années d'une période de turbulences financières et de restructuration en Afrique de l'Est et australe (Tanzanie, Zimbabwe, Mozambique), un tel ancrage en Afrique centrale marquerait un nouveau chapitre stratégique, potentiellement moins concurrentiel que les marchés déjà saturés d'Afrique du Sud ou du Kenya.

Ce que ça changerait, concrètement, pour les Gabonais

Si ce projet se confirmait, l'enjeu ne serait pas seulement symbolique. Une nouvelle offre de vols directs entre Libreville et les grandes capitales de la sous-région pourrait faire baisser les prix des billets, aujourd'hui plombés par le manque de concurrence sur ces routes. Elle pourrait aussi fluidifier les échanges commerciaux et humains entre pays de la CEMAC et de la CEEAC, où les correspondances via l'Europe ou le Golfe restent la norme plutôt que l'exception.

Un hub régional à Libreville renforcerait également le poids économique du Gabon dans le secteur aérien centrafricain, à l'heure où plusieurs États de la zone cherchent à redynamiser leur connectivité intérieure après le retrait ou la faillite de plusieurs transporteurs locaux ces dernières années.

Une information à confirmer

À ce stade, cette annonce ne repose que sur une seule source spécialisée dans l'aviation, sans confirmation officielle de Fastjet, de Solenta ni des autorités aéronautiques gabonaises. Aucun calendrier, aucune route précise, aucun investissement chiffré n'a été communiqué publiquement. Il s'agit donc d'un projet en gestation, pas d'un lancement acté.

Loop suivra ce dossier et vérifiera, dans les prochaines semaines, si Fastjet officialise ses intentions auprès de l'Agence Nationale de l'Aviation Civile (ANAC) gabonaise, étape indispensable avant tout premier vol commercial.

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