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Coupure des réseaux sociaux au Gabon : la société civile demande des comptes

Une déclaration collective exige la levée immédiate d'une suspension décidée par le régulateur de la communication.

Des organisations de défense des droits humains ont rendu publique, samedi 11 juillet à Libreville, une déclaration réclamant la fin de la suspension des réseaux sociaux sur le territoire gabonais. En cause : une décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) qui a coupé l'accès aux plateformes numériques à titre « conservatoire ». Cette information, encore isolée, mérite d'être suivie avec prudence en attendant des confirmations complémentaires.

Smartphone avec une icône de réseau social inaccessible, rue de Libreville en arrière-plan
La suspension des réseaux sociaux touche l'accès quotidien aux plateformes numériques pour de nombreux Gabonais.

Une déclaration lue devant la presse

C'est à Libreville que la voix de la société civile s'est fait entendre. Patrice Therence Mezui, président de la ligue nationale des droits humains, a lu une déclaration collective dénonçant la décision n°00002/HAC/2026. Ce texte réglementaire, pris par la Haute Autorité de la Communication, ordonne la suspension conservatoire des réseaux sociaux sur l'ensemble du territoire gabonais.

Dans le vocabulaire administratif, une mesure « conservatoire » est censée être temporaire et préventive, en attendant qu'une situation soit clarifiée. Elle n'est pas censée durer indéfiniment. C'est précisément ce point que contestent les signataires de la déclaration : ils demandent que cette suspension, présentée comme provisoire, soit levée sans délai.

Ce que signifie couper les réseaux sociaux

Sur le plan technique, une suspension de ce type peut prendre plusieurs formes : blocage de l'accès à des applications précises, ralentissement volontaire de la connexion, ou restriction plus large touchant certains fournisseurs d'accès à Internet. Dans tous les cas, l'effet immédiat est le même pour les utilisateurs : impossible d'échanger normalement sur les plateformes concernées.

Ce genre de mesure n'est pas propre au Gabon. Plusieurs pays africains ont eu recours, ces dernières années, à des coupures similaires lors de périodes sensibles. Elles sont généralement justifiées par des impératifs de sécurité ou d'ordre public, mais elles suscitent presque toujours des critiques de la part des défenseurs des libertés publiques et des acteurs économiques qui dépendent de ces outils pour leur activité quotidienne.

Les arguments de la société civile

Dans leur déclaration, les organisations signataires estiment que cette suspension porte atteinte à la liberté d'expression et à l'accès à l'information, deux droits qu'elles considèrent comme fondamentaux. Elles demandent à la HAC de revenir sur sa décision et de rétablir un accès normal aux plateformes numériques pour l'ensemble des Gabonais.

À ce stade, l'information provient d'une seule source disponible et n'a pas encore été confirmée par d'autres canaux indépendants. La HAC elle-même n'a pas communiqué publiquement, à notre connaissance, sur les motifs précis ayant conduit à cette mesure conservatoire. Cette zone d'ombre alimente les interrogations, tant au sein de la société civile que parmi les usagers des réseaux sociaux.

Un enjeu qui dépasse le débat numérique

Au-delà de la question des libertés, une coupure prolongée des réseaux sociaux a des répercussions concrètes sur la vie économique. De nombreux petits commerçants, entrepreneurs et créateurs de contenu gabonais utilisent ces plateformes pour vendre, communiquer avec leurs clients ou simplement rester informés. Une interruption, même conservatoire, peut donc peser sur des activités qui se sont largement digitalisées ces dernières années.

La suite dépendra désormais de la réaction de la HAC face à cette demande publique. Si la mesure venait à être maintenue sans justification claire, la pression de la société civile pourrait s'intensifier. À l'inverse, une levée rapide permettrait de clarifier la nature réellement temporaire de cette décision, comme le prévoit en théorie ce type de mesure conservatoire.

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