1,1 milliard FCFA plus tard, l'hôpital psychiatrique de Melen n'existe toujours pas
Deux marchés publics, quatre ans d'écart, deux entreprises différentes : le chantier promis à Melen reste un projet fantôme.
Un hôpital psychiatrique attendu à Melen n'a jamais posé sa première pierre, malgré près de 1,1 milliard FCFA déjà mobilisés en deux marchés distincts. Entre réhabilitation annoncée en 2021 et construction attribuée plus tard, le dossier illustre un mal récurrent des chantiers publics gabonais : l'argent engagé, les travaux qui n'avancent pas.

Sur le terrain de Melen, à Libreville, il n'y a ni grue, ni fondation, ni même un début de clôture de chantier. Et pourtant, selon nos informations, l'addition des sommes déjà engagées sur ce projet approche 1,1 milliard FCFA.
Deux marchés, une même impasse
Le premier acte remonte à 2021 : un marché attribué à l'entreprise Somisep pour la réhabilitation de trois pavillons de l'établissement. Quatre ans plus tard, un second marché est venu s'ajouter, cette fois pour la construction d'un nouvel hôpital psychiatrique, confiée à une autre entreprise.
Deux contrats, deux prestataires, un seul site : Melen. Et sur ce site, rien n'a bougé. Ni les pavillons à réhabiliter, ni le futur bâtiment n'ont vu l'ombre d'un ouvrier ou d'un engin de chantier, selon les éléments recueillis.
Ce que révèle cette addition
Cumuler deux marchés distincts, séparés par quatre années, pour un même projet qui n'aboutit pas interroge sur la manière dont ces dossiers sont suivis une fois les fonds engagés. Un marché public non exécuté n'est pas seulement une ligne budgétaire gelée : c'est aussi un besoin de santé publique qui reste sans réponse.
La psychiatrie figure parmi les parents pauvres de l'offre de soins au Gabon. Les capacités d'accueil spécialisées sont limitées, et un établissement dédié à Melen répondrait à un besoin réel, identifié depuis plusieurs années déjà — d'où l'attribution d'un premier marché en 2021.
Et pour les Gabonais, concrètement ?
Tant que Melen reste un chantier sans chantier, les familles concernées par des troubles psychiatriques continuent de composer avec une offre de soins insuffisante, à Libreville comme ailleurs dans le pays. Chaque année de retard se traduit par des patients mal pris en charge, ou orientés vers des structures déjà saturées.
Ce dossier appelle une clarification sur l'état d'exécution réel des deux marchés, sur les responsabilités des entreprises attributaires et sur les mécanismes de contrôle qui doivent, en théorie, empêcher qu'un projet payé ne reste lettre morte. Une vérification s'impose, tant sur le plan financier que sur le calendrier des travaux à venir.
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