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Libreville lance l'opération « Ordre Urbain » : trois jours pour se mettre en règle

La mairie de Libreville engage la phase active de sa campagne de restauration de l'ordre urbain, avec un ultimatum de 72 heures avant démolitions et déguerpissements.

Depuis le 15 juillet, la municipalité de Libreville est entrée dans la phase opérationnelle de sa campagne de « Restauration de l'Ordre Urbain » (ROU). Le maire Eugène M'ba a accordé un délai de trois jours aux commerçants et riverains installés sur des espaces non conformes pour se mettre en règle, avant le déclenchement des opérations de démolition. Une mesure qui touche directement à l'organisation du commerce informel et de l'espace public dans la capitale.

Rue de Libreville bordée d'étals de commerce informel sur le trottoir
La mairie de Libreville a lancé la phase opérationnelle de sa campagne de restauration de l'ordre urbain le 15 juillet.

Un ultimatum de trois jours

La mairie de Libreville a fixé le cadre : trois jours pour que les opérateurs économiques et les habitants concernés régularisent volontairement leur situation. Passé ce délai, les équipes municipales doivent engager déguerpissements et démolitions sur les installations jugées non conformes aux règles d'urbanisme et d'occupation de l'espace public.

Cette campagne, baptisée Restauration de l'Ordre Urbain (ROU), vise en priorité les constructions et étals qui empiètent sur la voirie, les trottoirs ou des zones classées non aménageables. L'objectif affiché est de redonner de la fluidité à une ville où l'occupation anarchique de l'espace public s'est multipliée ces dernières années, au fil de l'urbanisation rapide de certains quartiers.

Ce que ça change concrètement pour les Librevillois

Pour les milliers de petits commerçants qui vivent de la vente ambulante ou d'un étal installé en bord de route, ce délai signifie une décision à prendre vite : déplacer son activité, l'aménager selon les normes, ou risquer de la voir démontée. L'enjeu social est direct : une partie de l'économie informelle de la capitale repose sur ces installations, souvent faute d'alternative accessible en marchés aménagés.

Pour les usagers de la route et les riverains, l'espoir affiché est de retrouver des trottoirs praticables et une circulation moins entravée par des occupations sauvages, un problème récurrent signalé dans plusieurs artères de Libreville.

Un chantier déjà mené par le passé, avec des résultats inégaux

Ce type d'opération n'est pas inédit au Gabon. Les campagnes de remise en ordre de l'espace urbain se heurtent régulièrement à un même défi structurel : l'ampleur de l'économie informelle, qui absorbe une large part de la population active à Libreville, rend difficile une application durable sans solution de relogement ou de réaménagement des espaces marchands.

Selon nos informations, la question de la pérennité de ce type de mesure reste ouverte : sans accompagnement des populations déplacées — marchés alternatifs, appui à la réinstallation — les zones libérées ont pu, par le passé, être réoccupées après quelques mois. C'est ce point de vigilance que soulèvent plusieurs observateurs de la gestion urbaine à Libreville, sans qu'aucun bilan chiffré de la présente campagne ne soit encore disponible.

Le vrai test sera dans la durée

La mairie a choisi d'agir avec un calendrier serré, signe d'une volonté de résultats rapides. Mais la mesure de son efficacité ne pourra se faire qu'à moyen terme, une fois passée la phase de démolition : la ville parviendra-t-elle à empêcher une réoccupation des espaces libérés, et à proposer des solutions concrètes aux commerçants déplacés ?

C'est sur cette capacité à transformer une opération coup de poing en réorganisation durable que se jugera, dans les mois à venir, le succès réel de la campagne ROU.

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