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USTM : l’État débloque 700 millions FCFA pour desserrer la grève des enseignants

Le gouvernement gabonais tente de mettre fin à la suspension des cours à l’Université des sciences et techniques de Masuku par une enveloppe exceptionnelle.

Quelques jours après la suspension des activités pédagogiques décidée par le syndicat des enseignants-chercheurs de l’USTM, l’exécutif a mobilisé 700 millions de FCFA pour tenter de ramener le calme sur le campus de Franceville. Une décision prise, selon nos informations, sur instruction directe du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Bâtiments du campus universitaire de l’USTM à Franceville.
L’USTM de Franceville forme une partie des ingénieurs et techniciens dont le Gabon a besoin pour diversifier son économie.

Le mouvement de grève au sein de l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM), à Franceville, aura mis moins d’une semaine à provoquer une réaction au sommet de l’État. Le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’USTM (SNEC-USTM) a suspendu les activités pédagogiques, plongeant l’un des rares pôles universitaires scientifiques et techniques du pays dans l’incertitude à quelques semaines de la fin de l’année académique.

Face à ce blocage, le gouvernement a décidé de sortir le carnet de chèques : 700 millions de FCFA ont été mobilisés, sur instruction du président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, pour tenter de convaincre les enseignants de reprendre le chemin des amphis. Selon nos informations, cette enveloppe doit permettre de répondre, au moins partiellement, aux revendications à l’origine du conflit.

Pourquoi l’USTM compte autant

L’USTM n’est pas une université comme les autres. C’est l’un des seuls établissements gabonais à former des ingénieurs, des techniciens supérieurs et des chercheurs dans des filières scientifiques jugées stratégiques pour la diversification de l’économie : mines, agronomie, énergie, sciences de l’ingénieur. Chaque semaine de grève se traduit directement par des retards dans la formation de la future main-d’œuvre qualifiée dont le pays dit avoir besoin pour ses projets industriels et miniers.

Dans un contexte où le Gabon cherche à réduire sa dépendance au pétrole et à monter en compétences locales, un blocage prolongé à Masuku n’est pas qu’une affaire de calendrier universitaire. C’est un frein, même temporaire, à la chaîne de formation qui doit alimenter les entreprises et les administrations en profils techniques.

Une enveloppe, mais quelles garanties de reprise ?

À ce stade, les termes précis de l’accord — répartition des 700 millions, calendrier de versement, engagements réciproques des deux parties — n’ont pas été détaillés publiquement. Il conviendra de suivre, dans les prochains jours, si cette mobilisation financière suffit effectivement à faire lever le mot d’ordre de grève et à sécuriser une reprise durable des cours.

L’histoire récente de l’enseignement supérieur gabonais montre que des arbitrages financiers ponctuels, s’ils ne sont pas suivis de réformes structurelles sur les conditions de travail des enseignants-chercheurs, peuvent n’offrir qu’un répit temporaire. La question posée aux autorités et au syndicat est désormais celle de la pérennité de l’accord.

Ce que cela change pour les étudiants

Pour les étudiants de l’USTM, l’enjeu immédiat est concret : récupérer les semaines perdues sans sacrifier la qualité des enseignements ni retarder davantage l’insertion professionnelle. Une sortie rapide de crise conditionne aussi la tenue des examens et, in fine, la crédibilité des diplômes délivrés par l’établissement auprès des employeurs.

À plus large échelle, ce dossier illustre un arbitrage récurrent pour l’État gabonais : celui entre la maîtrise des dépenses publiques et la nécessité de préserver un appareil de formation jugé essentiel à la stratégie de diversification économique du pays. Le déblocage de 700 millions de FCFA en dit long sur le poids que l’exécutif accorde, au moins dans l’urgence, à la stabilité de cette université technique.

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