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Sierra Leone : Lungi se refait une beauté avant le sommet de la CEDEAO

Plus de 150 policiers mobilisés pour nettoyer la ville-porte d'entrée de la Sierra Leone avant l'arrivée des chefs d'État ouest-africains.

À quelques jours d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO, la police sierra-léonaise a lancé une opération de nettoyage d'ampleur à Lungi, la ville qui abrite l'aéroport international du pays. Une mobilisation qui en dit long sur l'enjeu d'image que représentent ces grands rendez-vous diplomatiques pour les pays hôtes.

Policiers et volontaires nettoyant une rue de Lungi en Sierra Leone.
Des recrues de la police sierra-léonaise participent à l'opération d'assainissement de Lungi, avant le sommet de la CEDEAO.

Lungi n'est pas la capitale de la Sierra Leone. Mais c'est la première image que voit tout visiteur arrivant par les airs : c'est là que se trouve l'aéroport international, séparé de Freetown par un bras de mer. Pour un pays qui s'apprête à recevoir un sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), cette localité de transit devient, pour quelques jours, une vitrine diplomatique.

Une opération à grande échelle

Selon nos informations, la police sierra-léonaise (SLP) a engagé mardi une vaste campagne d'assainissement, en collaboration avec les Forces armées de la République de Sierra Leone (RSLAF) et des acteurs communautaires locaux. Plus de 150 recrues de la police ont été mobilisées pour appuyer les travaux de nettoyage sur le terrain.

L'objectif affiché par les autorités tient en trois mots : assainissement, sécurité, cadre de vie. Concrètement, il s'agit de débarrasser les rues et espaces publics des déchets accumulés, tout en associant les habitants de Lungi à une démarche présentée comme collective plutôt qu'imposée d'en haut.

Pourquoi ce genre d'opération précède presque toujours un sommet

Ce scénario n'est pas propre à la Sierra Leone. Partout où se tient un sommet international, les villes hôtes se lancent dans une course contre le temps : voirie refaite, façades repeintes, marchés informels temporairement déplacés. L'enjeu dépasse la simple propreté : il s'agit de projeter une image de maîtrise et de modernité devant des délégations étrangères, des médias internationaux et, potentiellement, des investisseurs.

Pour la Sierra Leone, pays qui reste marqué par les images de la guerre civile des années 1990 et par l'épidémie d'Ebola de 2014-2016, chaque sommet régional est aussi une occasion de réécrire son récit national auprès des partenaires ouest-africains.

Ce que cela dit des logiques régionales, vues du Gabon

Le Gabon n'appartient pas à la CEDEAO — il relève de la CEEAC, la Communauté économique des États de l'Afrique centrale — mais l'exercice observé à Lungi illustre une réalité que Libreville connaît aussi : accueillir un sommet international impose une préparation logistique et sécuritaire lourde, mobilisant plusieurs corps de l'État à la fois.

Ces opérations, souvent peu visibles depuis l'extérieur, conditionnent pourtant la première impression que se font les chefs d'État et leurs délégations d'un pays hôte. Elles pèsent, indirectement, sur la crédibilité diplomatique et l'attractivité économique que chaque nation africaine cherche à construire à l'occasion de ces rendez-vous régionaux.

À ce stade, la date précise du sommet de la CEDEAO n'a pas été communiquée dans le détail par les autorités sierra-léonaises. L'opération de Lungi reste, pour l'instant, le signal le plus concret des préparatifs en cours.

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