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Société

Santé : le Gabon veut faire adopter son dossier médical numérique

La ministre de la Santé appelle hôpitaux, soignants et patients à s’approprier eGabonSIS, la nouvelle plateforme numérique du secteur.

Le Gabon avance sur la numérisation de son système de santé. La ministre Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou a exhorté, mardi dernier, les structures sanitaires et les professionnels de santé à s’emparer d’eGabonSIS, présenté comme l’outil central de cette réforme. Reste à savoir, très concrètement, comment cette appropriation se traduira dans les hôpitaux et centres de santé du pays.

Personnel médical utilisant un outil numérique dans un établissement de santé
La numérisation du système de santé gabonais repose sur l'appropriation de l'outil eGabonSIS par le personnel soignant.

Un outil pensé comme colonne vertébrale du système de santé

Un système d’information sanitaire, c’est en substance une plateforme numérique qui centralise les données de santé : dossiers patients, statistiques hospitalières, gestion des stocks de médicaments, suivi des campagnes de vaccination. Baptisé eGabonSIS, ce chantier gabonais s’inscrit dans cette logique : remplacer des circuits papier ou dispersés par un outil unique, censé fluidifier la circulation de l’information entre professionnels de santé.

Selon la ministre de la Santé, le succès de la réforme dépendra avant tout de l’implication des acteurs de terrain : personnels médicaux, paramédicaux et administratifs. Un principe qui n’a rien d’anodin — la meilleure plateforme numérique reste inutile si elle n’est pas alimentée et consultée au quotidien par ceux qui soignent.

Des formations annoncées, un calendrier encore flou

Pour accompagner cette bascule, des formations sont prévues afin que les équipes maîtrisent les fonctionnalités du système. C’est un point clé : la transformation numérique d’un secteur aussi sensible que la santé se joue moins sur la technologie elle-même que sur la capacité des utilisateurs à s’en servir correctement, jour après jour.

À ce stade, ni le calendrier précis de déploiement, ni le nombre de structures déjà connectées, ni le budget alloué à eGabonSIS n’ont été précisés. Ces éléments seront déterminants pour mesurer l’ampleur réelle de la réforme et éviter qu’elle ne reste, comme d’autres projets numériques avant elle, cantonnée à quelques établissements pilotes.

Ce que ça change, potentiellement, pour les patients

Si la promesse tient, un dossier médical numérique partagé pourrait, à terme, éviter les examens redondants, accélérer la prise en charge d’un patient transféré d’un centre de santé vers un hôpital, et donner aux autorités une vision plus fine des besoins réels — en médicaments, en personnel, en équipements — sur l’ensemble du territoire. Mais entre l’annonce d’une appropriation collective et sa mise en œuvre effective dans les couloirs des hôpitaux gabonais, il reste un chemin que seuls les prochains mois permettront de vérifier.

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