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Santé à Port-Gentil : la ministre passe les hôpitaux au scanner

Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou a inspecté mardi une dizaine de structures sanitaires de la capitale économique pour prendre la mesure exacte du système de santé local.

La ministre de la Santé s'est rendue à Port-Gentil pour visiter, sur le terrain, les principales structures qui composent l'offre sanitaire de l'Ogooué-Maritime. Du CHR de Ntchengué au centre d'hémodialyse, en passant par la base épidémiologique, l'objectif affiché est clair : évaluer précisément ce qui fonctionne, ce qui manque, et ce qu'il faudra corriger.

Bâtiment du Centre hospitalier régional de Ntchengué à Port-Gentil
Le Centre hospitalier régional de Ntchengué, à Port-Gentil, a figuré parmi les structures inspectées par la ministre de la Santé.

Il y a les discours sur la santé, et il y a les visites qui permettent de vérifier ce qu'ils recouvrent vraiment. Mardi, Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou a choisi la seconde option, en parcourant méthodiquement les structures sanitaires de Port-Gentil, chef-lieu de l'Ogooué-Maritime.

Une tournée qui n'a rien d'anodin : elle couvre pratiquement l'ensemble de la chaîne de soins d'une ville qui reste, avec sa forte activité pétrolière et industrielle, l'un des principaux bassins de population du Gabon.

Un état des lieux tous azimuts

La liste des établissements visités donne la mesure de l'exercice. Le Centre hospitalier régional (CHR) de Ntchengué, référence hospitalière de la province, a ouvert le parcours. La ministre s'est ensuite arrêtée au Centre de transfusion sanguine et au Centre d'hémodialyse, deux structures dont le bon fonctionnement conditionne directement la survie de patients souffrant d'insuffisance rénale ou nécessitant des transfusions urgentes.

Elle a également inspecté le Centre de traitement ambulatoire (CTA), dédié à la prise en charge de certaines pathologies chroniques, ainsi que la Base épidémiologique, chargée de la surveillance des maladies et des alertes sanitaires dans la région.

La Direction régionale de la santé, le Centre de santé urbain, le Service d'hygiène publique, le Centre de santé maternelle et infantile et l'antenne régionale d'un organisme de sécurité sociale complètent ce tour d'horizon presque exhaustif du dispositif sanitaire local.

Pourquoi cette visite compte

Ce type de déplacement répond à une logique simple mais essentielle : on ne corrige pas un système de santé sur la base de rapports seuls. Voir les équipements, croiser les personnels soignants, constater l'état des locaux permet d'identifier les urgences réelles — pénurie de matériel, sous-effectif, files d'attente, ruptures de stock — plutôt que des urgences supposées.

À Port-Gentil, la question a un poids particulier. La ville concentre une population importante liée à l'industrie pétrolière, avec des besoins de santé spécifiques : maladies chroniques, hémodialyse, maternité, mais aussi accidents du travail. Un centre d'hémodialyse ou une chaîne de transfusion qui fonctionnent mal, ce n'est pas une statistique abstraite : ce sont des patients qui doivent parfois être évacués vers Libreville, avec les coûts et les délais que cela implique pour les familles.

Ce que les Gabonais peuvent en attendre

Aucune annonce de financement ou de réforme n'a, pour l'heure, été communiquée à l'issue de cette tournée. Il s'agissait avant tout d'une mission d'évaluation, un préalable logique avant toute décision de renforcement des moyens ou de réorganisation des services.

Reste que la méthode — un déplacement structure par structure, plutôt qu'une visite protocolaire limitée à l'hôpital central — donne un signal : celui d'une volonté de cartographier précisément les besoins réels de la province avant d'agir. Pour les habitants de Port-Gentil, la suite se jugera à l'aune des mesures concrètes qui, le cas échéant, découleront de ce diagnostic de terrain.

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