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RDC : le Sénat encadre enfin la pêche et l'aquaculture

À Kinshasa, les sénateurs ont adopté à l'unanimité un texte qui pose les bases légales d'un secteur resté informel pendant des décennies.

Le Sénat de la République démocratique du Congo a voté, mercredi, le texte harmonisé de la proposition de loi portant principes fondamentaux relatifs à la pêche et à l'aquaculture. Un vote sans opposition ni abstention, qui referme un long chantier législatif entre les deux chambres du Parlement congolais.

Pêcheurs congolais en pirogue sur le fleuve Congo avec des filets de pêche
La pêche fluviale et lacustre reste largement artisanale en RDC, un secteur que la nouvelle loi entend structurer.

Un vote consensuel après un long parcours parlementaire

Au Palais du peuple, à Kinshasa, la chambre haute a validé le rapport de la commission mixte paritaire réunissant Assemblée nationale et Sénat, conformément à l'article 135 de la Constitution congolaise — une procédure qui permet d'harmoniser un texte quand les deux chambres n'avaient pas voté une version identique. Le résultat ne laisse guère de place au doute : sur 109 sénateurs, 76 étaient présents, et tous ont voté pour. Aucune voix contre, aucune abstention, a précisé le président du Sénat, Jean Michel Sama Lukonde.

Ce niveau de consensus, rare sur un texte économique de cette ampleur, traduit une urgence largement partagée à Kinshasa : la pêche et l'aquaculture congolaises fonctionnaient jusqu'ici sans véritable cadre légal moderne, dans un pays qui dispose pourtant d'un accès au fleuve Congo, à ses affluents et à plusieurs lacs parmi les plus poissonneux du continent.

Ce que change concrètement ce texte

Une loi de « principes fondamentaux » ne fixe pas les détails techniques — elle pose l'architecture générale que des décrets et arrêtés viendront ensuite préciser : qui peut pêcher, avec quels engins, comment se structure l'aquaculture, quelles obligations pèsent sur les opérateurs. C'est le socle sur lequel se construira la réglementation opérationnelle des prochaines années.

Pour un secteur largement artisanal, souvent informel, l'enjeu est de sortir de l'incertitude juridique qui freine l'investissement et complique la lutte contre la surpêche ou les pratiques destructrices. Un cadre clair peut aussi faciliter l'accès au financement pour les petits exploitants et les projets d'aquaculture, à condition que les textes d'application suivent rapidement.

Un signal pour la région

Cette réforme intervient alors que plusieurs pays d'Afrique centrale, dont le Gabon, ont eux-mêmes engagé une modernisation de leur droit de la pêche pour mieux protéger leurs ressources halieutiques et structurer une filière aquacole encore naissante. Le vote congolais illustre une dynamique régionale : sécuriser juridiquement un secteur vital pour la sécurité alimentaire, tout en ouvrant la voie à des investissements mieux encadrés.

Reste une étape : la promulgation du texte et, surtout, la publication des mesures d'application qui donneront corps à ces principes. C'est là que se mesurera l'impact réel de la réforme sur le quotidien des pêcheurs et des aquaculteurs congolais.

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