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Gabon-RDC : Libreville et Kinshasa resserrent leurs liens économiques

Oligui Nguema et Tshisekedi ont affiché leur volonté commune de muscler la coopération bilatérale lors d'une visite de travail à Libreville.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a été reçu ce jour à Libreville par Brice Clotaire Oligui Nguema. Après un passage au Mémorial Léon Mba, les deux chefs d'État se sont entretenus en tête-à-tête avant un point de presse conjoint, avec un objectif affiché : donner un nouvel élan aux relations entre les deux pays.

Les présidents gabonais et congolais se serrant la main lors d'une visite officielle à Libreville
Brice Clotaire Oligui Nguema et Félix-Antoine Tshisekedi lors de leur rencontre à Libreville.

Une visite à forte charge symbolique

Le protocole a son importance. En conduisant son homologue congolais au Mémorial Léon Mba avant tout entretien, Brice Clotaire Oligui Nguema a d'emblée inscrit cette rencontre dans la continuité de l'histoire commune entre Libreville et Kinshasa. Les échanges qui ont suivi, qualifiés de cordiaux et fraternels par les deux délégations, se sont prolongés en format élargi avant un point de presse conjoint.

Cette visite de travail et d'amitié n'est pas un simple exercice diplomatique de courtoisie. Le Gabon et la RDC partagent une frontière, un bassin forestier stratégique, et surtout une ambition commune : peser davantage dans les équilibres régionaux d'Afrique centrale, à l'heure où les deux pays cherchent à diversifier leurs partenariats économiques.

Ce que Kinshasa et Libreville ont à gagner

Les deux chefs d'État ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération bilatérale, sans que le détail des chantiers concrets n'ait encore été rendu public. Mais le contexte donne des indices sur les enjeux réels de la rencontre.

La RDC, avec ses gisements de cobalt et de coltan indispensables aux batteries électriques, et le Gabon, riche en manganèse et en bois tropical, partagent un même défi : transformer davantage leurs matières premières sur place plutôt que les exporter brutes. Une coopération renforcée entre les deux capitales pourrait ouvrir la voie à des échanges de savoir-faire industriel, voire à des positions communes dans les négociations internationales sur les minerais critiques.

Les deux pays siègent également ensemble à la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), où l'intégration régionale reste freinée par des infrastructures de transport insuffisantes. Un rapprochement Libreville-Kinshasa, deux des économies les plus peuplées et les plus dotées en ressources du bloc, peut donner un signal politique fort à l'ensemble de la sous-région.

Et pour les Gabonais, concrètement ?

Une coopération renforcée avec la RDC, marché de plus de 100 millions d'habitants, ouvre potentiellement des débouchés pour les entreprises gabonaises, dans la logistique, l'agroalimentaire ou les services financiers. Le point de presse conjoint qui a suivi les entretiens devrait permettre de préciser les engagements pris de part et d'autre.

Reste maintenant à voir comment cette volonté politique affichée à Libreville se traduira en accords sectoriels précis, seuls capables de transformer une déclaration d'amitié en retombées mesurables pour les deux économies.

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