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Politique

Partis politiques gabonais : seulement 4 femmes présidentes sur 102

Sur les 102 formations politiques reconnues au Gabon, quatre seulement sont dirigées par une femme, révélant un plafond de verre persistant.

La haute administration gabonaise s'ouvre progressivement aux femmes, mais la direction des partis politiques reste, elle, un bastion masculin. Sur 102 formations recensées par le ministère de l'Intérieur, quatre seulement ont une femme à leur tête, dont l'Union nationale, dirigée par intérim par Jeanine Taty Koumba. Un chiffre qui interroge sur la vitesse réelle du changement.

Une femme s'exprimant à une tribune lors d'un rassemblement politique au Gabon
Sur 102 partis politiques reconnus au Gabon, quatre seulement sont dirigés par une femme.

Le contraste est frappant. D'un côté, des femmes accèdent à des postes clés dans l'administration et les institutions gabonaises. De l'autre, la sphère partisane, elle, avance à pas comptés : 4 partis sur 102 sont aujourd'hui présidés par une femme, selon des données du ministère de l'Intérieur.

Un ratio qui dit tout

Faire le calcul est vite fait : cela représente moins de 4 % des formations politiques reconnues au Gabon. Un chiffre qui mérite d'être mis en perspective, car il ne mesure pas seulement une absence de candidates, mais la difficulté structurelle à accéder aux postes de décision au sein d'organisations souvent bâties autour de figures fondatrices, historiquement masculines.

Parmi les quatre femmes à la tête d'un parti, Jeanine Taty Koumba assure l'intérim à la présidence de l'Union nationale (UN), depuis que Paulette Missambo a quitté ce poste pour occuper une fonction institutionnelle. Ce basculement illustre un phénomène courant : les femmes accèdent parfois à la direction d'un parti par intérim, en attendant qu'une nouvelle configuration se dessine, plutôt que par une élection dédiée à consolider leur leadership sur la durée.

Pourquoi ce plafond résiste

La question n'est pas nouvelle, mais elle prend un relief particulier dans un pays où le débat sur la place des femmes en politique a gagné en visibilité ces dernières années, notamment à travers les nominations dans les ministères et les grandes institutions. Le décalage entre cette progression institutionnelle et l'immobilisme au sommet des partis suggère que les mécanismes internes de désignation — souvent informels, fondés sur l'ancienneté militante ou les réseaux de fidélité — restent peu favorables aux candidatures féminines.

Ce constat rejoint une tendance observée dans plusieurs pays d'Afrique centrale, où les partis politiques, contrairement aux administrations publiques soumises à des quotas ou des politiques volontaristes, échappent largement à toute obligation de parité dans leur gouvernance interne.

Ce que ça change, concrètement

Pour les Gabonaises engagées en politique, ce chiffre pose une question simple : à quoi sert de progresser dans l'administration si les partis, eux, restent verrouillés ? Car c'est bien à l'intérieur des formations politiques que se construisent les carrières électorales, les investitures et, in fine, l'accès aux mandats.

Tant que la direction des partis ne reflète pas les avancées enregistrées ailleurs, le plafond de verre continuera de peser sur la trajectoire des femmes qui aspirent à porter des couleurs politiques jusqu'au sommet.

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