Navigation aérienne africaine : le Gabon s'impose dans les décisions stratégiques de l'ASECNA
À Ciudad de La Paz, le Gabon a défendu ses priorités lors du comité ministériel qui fixe le cap de la sécurité aérienne pour 19 pays africains.
Le Gabon a pris part, à travers son ministre des Transports Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, à la 78e session du Comité des Ministres de l'ASECNA, réunie le 10 juillet en Guinée équatoriale. Un rendez-vous technique mais stratégique : c'est là que se décident les investissements dans les systèmes qui sécurisent chaque vol au-dessus du continent.

Un rendez-vous discret mais décisif
On ne fait pas la une avec un comité ministériel sur la navigation aérienne. Pourtant, c'est précisément dans ce genre de réunion que se joue la fiabilité du ciel africain. Le 10 juillet, à Ciudad de La Paz, capitale de la Guinée équatoriale, les ministres en charge de l'aviation civile des 19 États membres de l'ASECNA se sont retrouvés pour faire le point sur l'avenir de l'Agence.
Le Gabon y était représenté par son ministre d'État, ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, entouré d'une délégation d'experts de l'aviation civile. Une présence que le ministère des Transports gabonais présente comme le signe d'un engagement constant dans la sécurité aérienne régionale.
Pourquoi l'ASECNA compte pour le Gabon
Créée dans les années 1960, l'ASECNA gère l'espace aérien de la quasi-totalité de l'Afrique francophone et de Madagascar. Concrètement, c'est elle qui exploite les équipements de contrôle du trafic aérien, forme les contrôleurs et fixe les normes de sécurité que doivent respecter les compagnies pour survoler ces territoires. Aucun avion commercial ne traverse l'espace gabonais sans dépendre, à un moment ou un autre, de ses services.
La réunion présidée par le Premier ministre équato-guinéen Manuel Osa Nsue Nsua a mis l'accent sur trois chantiers : la modernisation des systèmes CNS/ATM — le sigle technique qui désigne les outils de communication, de navigation et de surveillance permettant de gérer le trafic aérien —, le renforcement du capital humain, et la gouvernance de l'Agence. Autrement dit : des radars plus performants, des contrôleurs mieux formés, et une organisation plus solide face à la croissance du trafic aérien international.
Un bilan salué, une présidence qui change de mains
Les ministres ont également dressé le bilan de la présidente sortante du Comité, Fatima Goukouni Weddeye, ministre tchadienne des Transports, de l'Aviation civile et de la Météorologie nationale. Les participants ont mis en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance et de modernisation des infrastructures communes durant son mandat.
Ce passage de flambe, prévu par les textes de l'Agence, illustre le fonctionnement collégial de l'ASECNA : chaque État membre y a voix au chapitre, et la présidence tourne selon un mécanisme institutionnel propre à l'organisation.
Ce que cela change concrètement
Pour le voyageur gabonais ou l'opérateur aérien basé à Libreville, ces arbitrages ne sont pas de la diplomatie abstraite. Ils déterminent le rythme auquel les équipements de contrôle aérien seront renouvelés, la formation des personnels techniques, et donc la fiabilité des vols domestiques et internationaux. Une navigation aérienne mieux équipée, c'est moins de retards liés à des pannes techniques et davantage de confiance des compagnies étrangères dans le ciel gabonais.
En participant activement à ces discussions, le Gabon se donne les moyens de peser sur les priorités d'investissement de l'Agence, plutôt que de simplement les subir. La suite se jouera dans la mise en œuvre effective des engagements pris à Ciudad de La Paz — un exercice que Loop suivra avec attention, notamment sur le volet modernisation des infrastructures au Gabon.
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