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Société

Le Gabon se dote d'un fichier unique pour cibler les plus pauvres

Un nouvel outil numérique doit permettre à l'État d'identifier plus précisément qui a besoin d'aide, et d'éviter les doublons.

Le gouvernement gabonais a réceptionné ce mercredi le Registre social unique du Gabon, un outil numérique censé recenser et qualifier les ménages vulnérables. Porté par la ministre des Affaires sociales, ce dispositif s'inscrit dans le programme Gabon Digital et doit changer la manière dont l'État distribue ses aides sociales.

Remise officielle du Registre social unique du Gabon à des membres du gouvernement
Le Registre social unique du Gabon a été remis au gouvernement le 29 juillet, dans le cadre du programme Gabon Digital.

Jusqu'ici, identifier un ménage pauvre au Gabon relevait souvent du bricolage administratif : listes papier, doublons entre programmes, critères flous d'un service à l'autre. Le Registre social unique du Gabon, ou RSUG, veut mettre fin à cette approche dispersée en centralisant, dans une seule base de données, l'identité et la situation socio-économique des populations vulnérables.

Un outil, pas un guichet

Le RSUG n'est pas un programme d'aide en lui-même : c'est la brique technique sur laquelle viendront s'appuyer les futurs dispositifs de protection sociale non contributive, ceux financés par l'État et non par les cotisations des travailleurs. Concrètement, il doit permettre de savoir qui est réellement éligible à une bourse, une cantine scolaire subventionnée ou une aide alimentaire, en croisant des données fiables plutôt que des déclarations invérifiables.

Ce registre a été remis officiellement au gouvernement par la ministre des Affaires sociales, Armande Longo. Il s'inscrit dans le programme Gabon Digital, la stratégie de numérisation des services publics engagée par l'exécutif ces dernières années, qui a déjà transformé l'état civil ou les impôts.

Pourquoi ça compte pour les Gabonais

L'enjeu est concret : un ciblage plus précis signifie, en théorie, moins de fraude, moins d'exclusions injustes, et des aides qui arrivent plus vite aux familles qui en ont vraiment besoin. Un registre bien tenu peut aussi servir de base pour répondre rapidement en cas de choc économique ou de crise, comme cela s'est vu ailleurs en Afrique lors de la pandémie, quand certains pays ont pu identifier en quelques semaines les ménages à secourir grâce à des bases de données similaires.

Reste que la réussite d'un tel outil ne se joue pas au moment de sa remise officielle, mais dans sa mise à jour et son usage quotidien. Un registre figé ou mal actualisé perd vite sa valeur : les situations des familles changent, des ménages basculent dans la précarité, d'autres en sortent.

Les prochaines étapes

Le gouvernement n'a pas encore détaillé de calendrier précis pour le déploiement opérationnel du RSUG ni les programmes sociaux qui s'appuieront en premier sur cette base. Ce sont pourtant ces éléments, ainsi que les modalités de mise à jour des données et les garanties sur la confidentialité des informations collectées, qui détermineront si l'outil tient sa promesse : mieux identifier, pour mieux protéger.

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