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Justice régionale : Libreville boucle un rapport aux six chantiers stratégiques pour la CEEAC

Après deux jours de travaux, les experts et ministres de la Communauté ont validé un rapport qui doit désormais être soumis aux chefs d'État.

Réunis à Libreville, les ministres et experts de la Justice de la CEEAC ont finalisé, mardi 7 juillet, le rapport de leur Ve session ordinaire. Six décisions y sont consignées, de la sécurité maritime à la régulation régionale de l'électricité, avant leur validation attendue par les chefs d'État et de gouvernement.

Délégués en réunion lors d'une session de la CEEAC à Libreville
La Ve session ordinaire du Comité technique spécialisé Justice et affaires juridiques de la CEEAC s'est tenue à Libreville.

Deux jours de négociations, six textes à trancher, et une capitale gabonaise qui redevient, l'espace d'une session, le carrefour juridique de l'Afrique centrale. La Ve session ordinaire du Comité technique spécialisé Justice et affaires juridiques de la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC) s'est refermée mardi 7 juillet à Libreville sur un rapport désormais bouclé, après examen et amendements des experts.

Ce document n'est pas un simple compte-rendu de réunion. Il synthétise six décisions qui, une fois validées à un échelon supérieur, engageront onze pays membres sur des sujets aussi divers que la sécurité en mer, la gestion des frontières ou l'accès à l'électricité.

Six textes, six enjeux concrets pour la région

Parmi les dossiers examinés figure la décision portant organisation et fonctionnement du Centre régional de sécurité maritime d'Afrique Centrale, un outil censé mutualiser la surveillance du golfe de Guinée, zone longtemps marquée par la piraterie et les trafics.

Autre texte clé : le protocole relatif à la stratégie régionale de gouvernance intégrée des frontières. Concrètement, il s'agit d'harmoniser les règles de circulation et de contrôle entre pays voisins, un enjeu direct pour la libre circulation des personnes et des marchandises, donc pour le commerce intra-régional.

La politique humanitaire de la CEEAC a également été adoptée, tout comme le règlement intérieur de la commission régionale de régulation de l'électricité en Afrique centrale. Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête : une régulation commune de l'électricité est une brique nécessaire à tout projet d'interconnexion des réseaux électriques entre pays de la sous-région, un chantier suivi de près par les acteurs économiques qui misent sur un marché énergétique régional plus intégré.

S'ajoutent une décision sur l'organisation de la santé en Afrique centrale, le règlement de fonctionnement du centre multinational de coordination des zones A et D — dispositif lié à la sécurité maritime — et celui du Comité du personnel de la Communauté.

Vers une conférence des chefs d'État

La portée du rapport ne s'arrête pas à Libreville. Le document annonce l'organisation à venir d'une conférence des Chefs d'État et de Gouvernement de la CEEAC, étape incontournable pour que ces six décisions passent du statut de projet technique à celui de texte juridiquement contraignant pour les États membres.

En clôturant les travaux, le ministre gabonais de la Justice, Garde des Sceaux et chargé des Droits humains, Augustin Émane, s'est dit satisfait, au nom du gouvernement, de la tenue des assises. Il a salué un moment de concertation et de dialogue entre les délégations présentes dans la capitale.

Ce que ça change pour le Gabon

Accueillir ce type de session n'est pas un exercice protocolaire anodin. Cela positionne Libreville comme un point de passage régulier des négociations juridiques et institutionnelles de la CEEAC, avec les retombées diplomatiques et logistiques que cela suppose.

Sur le fond, si les six décisions sont entérinées par les chefs d'État, le Gabon — comme les autres membres — devra s'aligner sur des standards communs en matière de sécurité maritime, de gestion des frontières et de régulation électrique. Des chantiers qui, à terme, conditionnent la fluidité des échanges régionaux et l'attractivité de la zone pour les investisseurs.

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