Greffiers : une commission clé pour harmoniser leur statut
Une commission ministérielle planche sur l'intégration des greffiers dans un corps unique, en application de la loi d'octobre 2025.
Fini les catégories B1, A2 ou A1 : les greffiers gabonais vont désormais appartenir à un seul et même corps de métier. Une commission installée par le Ministère de la Justice s'est réunie pour statuer sur les modalités concrètes de cette intégration exceptionnelle, avec un calendrier resserré.

Le Ministère de la Justice a lancé les travaux d'une commission chargée de traduire dans les faits une réforme attendue par les personnels des greffes. Installée par arrêté n°000036 MJGSCDH/SG/DGAA du Garde des Sceaux Augustin Emane, elle s'est réunie pour la première fois le 14 juillet 2026, sous la présidence du Conseiller technique Alain Christian Iyangui.
Cette commission intervient dans la foulée d'un changement législatif majeur : la loi n°023/2025 du 7 octobre 2025, qui fixe le statut particulier des greffiers. Le texte simplifie une architecture jusque-là complexe, où chaque agent était rattaché à une sous-catégorie administrative distincte.
Un corps unique, pour quoi faire ?
Selon le Conseiller en charge des Greffes, Joseph Samba, la logique est claire : il n'y aura plus de greffiers de catégorie B1, A2 ou A1, mais un seul et unique corps de métier. Concrètement, cela signifie une grille de carrière harmonisée et, à terme, une meilleure lisibilité des parcours professionnels pour des agents dont le rôle — tenir les audiences, authentifier les actes de justice, assurer le lien entre magistrats et justiciables — reste souvent méconnu du grand public.
Cette fusion des catégories répond à une exigence des mesures transitoires de la loi de 2025, qui impose d'intégrer les greffiers dans leur nouveau corps par le biais de textes réglementaires. C'est précisément la mission confiée à la commission : traduire l'intention du législateur en dispositions applicables, grade par grade.
Un calendrier volontairement serré
Les membres de la commission se sont engagés à remettre leur rapport au plus tard le jeudi 16 juillet 2026 — soit deux jours seulement après le lancement des travaux. Un délai court, justifié par la volonté de régler rapidement les situations administratives des personnels concernés, qui attendent depuis la promulgation de la loi une clarification de leur statut.
Une fois ce rapport transmis, la balle sera dans le camp du Garde des Sceaux. Joseph Samba a précisé qu'il reviendrait au seul Ministre de valider ou non le projet de texte réglementaire qui en découlera. Si validé, le document devra ensuite être défendu devant les techniciens du droit du Secrétariat Général du Gouvernement, étape obligatoire avant toute entrée en vigueur.
Ce que ça change pour la justice gabonaise
Pour les greffiers eux-mêmes, cette réforme n'est pas qu'une affaire de nomenclature administrative. Elle conditionne des questions concrètes : avancement de carrière, reclassement indiciaire, reconnaissance de l'ancienneté acquise dans l'ancien système à trois catégories.
Pour la justice gabonaise plus largement, une clarification du statut des greffiers s'inscrit dans un mouvement plus vaste de modernisation de l'appareil judiciaire, où la gestion des ressources humaines conditionne directement la qualité du service rendu aux justiciables. Reste à voir si le calendrier annoncé — un rapport bouclé en 48 heures — sera tenu, et surtout à quelle vitesse le texte réglementaire franchira les étapes suivantes, jusqu'à son application effective.
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