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Culture

Et si la culture était la vraie infrastructure économique du Gabon ?

Un consultant gabonais avance que le développement échoue moins par manque de moyens que par absence de récit collectif partagé.

Dans une tribune remarquée, le consultant Ike Ngouoni Aila Oyouomi défend une thèse à contre-courant : ce ne serait ni l'argent ni le béton qui freinent le développement du Gabon, mais l'absence d'un imaginaire commun capable de donner du sens aux réformes. Une idée qui, si elle se vérifie, changerait la façon même de penser les politiques publiques.

Montage évoquant à la fois une infrastructure de développement et un élément culturel gabonais
Pour le consultant Ike Ngouoni, la culture jouerait un rôle d'infrastructure invisible dans le développement économique.

Un pont, une route, un hôpital : voilà, spontanément, ce à quoi l'on pense quand on parle d'infrastructure. Ike Ngouoni Aila Oyouomi, président du cabinet de conseil stratégique AILA, propose d'ajouter un maillon invisible à cette liste : le récit collectif. Selon lui, un pays peut multiplier les chantiers et les financements sans jamais transformer durablement la vie de ses habitants, si personne ne partage une vision claire de la destination commune.

Le chaînon manquant des politiques publiques

La thèse défendue dans cette tribune renverse une hiérarchie tenace. La culture ne serait pas un supplément d'âme qu'on finance une fois les besoins essentiels couverts, mais le socle qui rend ces besoins finançables et acceptables. Sans récit partagé, argumente le consultant, une réforme reste un texte administratif ; avec lui, elle devient un projet de société auquel chacun peut se rattacher.

Cette lecture rejoint une préoccupation bien identifiée dans les cercles économiques : au Gabon comme ailleurs, des réformes techniquement solides échouent parfois à l'usage, faute d'appropriation par les citoyens censés en bénéficier. L'argument n'est pas nouveau dans la littérature sur le développement, mais il prend un relief particulier appliqué au contexte gabonais, où la diversification économique reste un chantier prioritaire des pouvoirs publics.

Ce que cela changerait concrètement

Pour l'heure, cette analyse relève de la tribune d'opinion, pas d'un rapport d'expertise chiffré ni d'une annonce officielle. Elle n'engage que son auteur et mérite d'être reçue comme une contribution au débat public plutôt qu'un constat établi. Mais son intérêt tient à la question qu'elle pose aux décideurs : peut-on continuer à traiter la culture comme une ligne budgétaire secondaire, quand elle conditionnerait l'adhésion aux politiques de croissance elles-mêmes ?

Si cette grille de lecture devait inspirer des choix publics, elle pointerait vers des investissements aujourd'hui marginaux — soutien à la création, éducation artistique, valorisation du patrimoine — repositionnés comme des leviers économiques à part entière, et non comme des dépenses accessoires. Reste à voir si cette proposition trouvera un écho dans les arbitrages budgétaires ou les stratégies de diversification portées par les autorités gabonaises.

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