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Eau en Afrique : le Gabon pousse pour une coopération régionale

À N'Djamena, Libreville a défendu un accès universel à l'eau et appelé à mutualiser les efforts continentaux.

Le Gabon a participé au Forum africain de l'eau, tenu les 15 et 16 juillet à N'Djamena, pour plaider une coopération renforcée sur la sécurité hydrique du continent. La délégation gabonaise a réaffirmé son engagement en faveur d'un accès universel et durable à l'eau, un enjeu qui dépasse largement les frontières nationales.

Cours d'eau africain vu du ciel, illustrant les bassins hydrographiques transfrontaliers
Photo d'archives — Monnaie en forme de fer de lance-Kwélé (Gabon) (2) (Ji-Elle, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

Un rendez-vous continental sur une ressource sous tension

Le Forum africain de l'eau, coorganisé par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque africaine de développement, a réuni des représentants d'États africains autour d'un même constat : l'accès à l'eau potable et à l'assainissement reste inégal sur le continent, malgré des ressources hydriques parmi les plus abondantes au monde. La rencontre de N'Djamena visait à dégager des pistes concrètes de financement et de gestion partagée des bassins transfrontaliers.

Pour le Gabon, pays traversé par un réseau dense de cours d'eau mais confronté comme ses voisins à des défis d'accès en zone rurale, la participation à ce forum s'inscrit dans une logique de continuité diplomatique. La délégation gabonaise a réaffirmé son engagement en faveur d'un accès universel et durable à l'eau, insistant sur la nécessité de traiter cette question comme un bien commun régional plutôt qu'un sujet strictement national.

Pourquoi la coopération prime sur l'action isolée

L'eau ne connaît pas de frontières : un fleuve comme l'Ogooué ou le bassin du Congo traverse plusieurs pays, et une gestion mal coordonnée en amont peut avoir des conséquences en aval, sur l'irrigation, la pêche ou l'approvisionnement urbain. C'est cette interdépendance que Libreville a mise en avant à N'Djamena, en plaidant pour une coopération renforcée entre États plutôt qu'une multiplication de projets nationaux déconnectés les uns des autres.

Concrètement, cela suppose de partager les données hydrologiques, d'harmoniser les normes de gestion des bassins et de mutualiser les financements pour les infrastructures d'accès à l'eau, souvent coûteuses à l'échelle d'un seul pays. Le Groupe de la Banque africaine de développement, présent comme coorganisateur, joue précisément ce rôle de catalyseur financier pour des projets qu'aucun État ne pourrait porter seul.

Ce que ça change pour le Gabon

Pour les Gabonais, l'enjeu immédiat n'est pas un projet annoncé mais une posture diplomatique : celle d'un pays qui se positionne comme acteur actif des grands équilibres hydriques africains, à un moment où le changement climatique accentue les tensions sur la ressource. Rejoindre ces initiatives régionales peut ouvrir la voie à des financements croisés pour l'extension des réseaux d'eau potable, notamment dans les zones rurales encore mal desservies.

La suite dépendra des engagements concrets qui découleront de ce forum, mais la présence gabonaise à N'Djamena confirme une diplomatie qui cherche à peser sur les dossiers structurants du continent, au-delà des seuls enjeux bilatéraux.

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