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Politique

Diaspora gabonaise : Oligui Nguema veut transformer l'expertise en investissements

À Paris, le président a présenté aux Gabonais de l'étranger un cap précis, celui de mettre leurs compétences au service de la Cinquième République.

Le 21 juillet, au Complexe Les Pyramides à Paris, Brice Clotaire Oligui Nguema a réuni la diaspora gabonaise lors de sa visite d'État en France. Devant une salle comble, le chef de l'État a détaillé les réformes de la Cinquième République et appelé les Gabonais de l'étranger à investir leur expertise dans la transformation du pays. Un message clair, moins protocolaire qu'à l'accoutumée, sur ce que la diaspora peut réellement changer.

Le président gabonais Brice Oligui Nguema prend la parole devant un public de Gabonais à Paris
Brice Clotaire Oligui Nguema a rencontré la diaspora gabonaise le 21 juillet à Paris, dans le cadre de sa visite d'État en France.

Ce n'était pas une simple étape protocolaire. Ce mardi 21 juillet, le Complexe Les Pyramides, à Paris, s'est transformé en salle de réunion géante pour les Gabonais établis en France. Accompagné de la Première Dame Zita Oligui Nguema, le président de la République y a rencontré une diaspora venue en nombre, signe que le rendez-vous comptait pour elle autant que pour lui.

Une diaspora appelée à sortir du rôle de spectatrice

Le message présidentiel s'est voulu sans détour : la reconstruction du Gabon ne se fera pas sans l'apport concret de ceux qui vivent à l'étranger. Pas seulement un soutien moral ou des transferts d'argent occasionnels, mais l'expertise professionnelle, les investissements et un engagement actif dans les chantiers en cours. C'est une nuance qui change la donne : on demande à la diaspora de devenir actrice économique, pas simple public bienveillant.

Pour un pays où une partie significative des cadres formés à l'étranger ne rentre jamais, ou seulement de manière ponctuale, l'enjeu est concret. Chaque ingénieur, financier ou entrepreneur gabonais basé à Paris, Bruxelles ou Montréal représente un savoir-faire que le Gabon finance indirectement via les bourses d'études, sans toujours en récolter les fruits sur place.

Défendre le bilan des réformes engagées

Le chef de l'État a consacré une large partie de son intervention à expliquer l'architecture des réformes portées depuis l'instauration de la Cinquième République. Devant un auditoire attentif, il a détaillé la logique de cette refondation institutionnelle, présentée comme le socle sur lequel s'appuiera la relance économique et sociale du pays.

Ce passage en revue avait une fonction précise : convaincre une diaspora parfois sceptique ou distante des évolutions politiques gabonaises que le cadre institutionnel a désormais changé, et que les conditions d'un retour utile — professionnel, économique — sont réunies.

Ce que cela change concrètement

Reste la question de la mise en œuvre. Un appel à mobiliser la diaspora n'a de valeur que s'il s'accompagne de dispositifs concrets : facilités d'investissement, reconnaissance des diplômes, guichets dédiés aux porteurs de projets binationaux. Ces mécanismes n'ont pas été détaillés lors de cette rencontre, et c'est précisément ce qu'il faudra observer dans les prochaines semaines pour mesurer la portée réelle de cet appel.

Pour l'instant, le signal politique est posé : la diaspora n'est plus seulement conviée aux commémorations, elle est invitée à la table des réformes.

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