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Politique

Crise à l'Agasa : le vice-Premier ministre hausse le ton

Hermann Immongault a convoqué en urgence la direction de l'agence agricole après un différend interne rendu public.

Une réunion de crise s'est tenue le 13 juillet à Libreville autour du vice-Premier ministre Hermann Immongault, du ministre de l'Agriculture Pacôme Kossy et de la direction de l'Agasa. En cause : des tensions internes à l'agence, étalées publiquement, qui ont fini par remonter jusqu'au sommet de l'État. Le sort du directeur général reste, à ce stade, une question ouverte.

Illustration d'une réunion gouvernementale institutionnelle au Gabon
Une réunion de crise a rassemblé le 13 juillet le vice-Premier ministre, le ministre de l'Agriculture et la direction de l'Agasa.

Une convocation qui en dit long

Quand un vice-Premier ministre bloque son agenda pour recevoir en urgence un ministre sectoriel et la direction d'une agence, c'est rarement pour parler de la pluie et du beau temps. Le 13 juillet 2026, Hermann Immongault a réuni Pacôme Kossy, ministre de l'Agriculture, ainsi que Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, directeur général de l'Agasa, accompagné de son adjoint Oscar Sadibi Mapangou.

Motif de la convocation, selon nos informations : des différends internes à l'agence, jusque-là confinés aux couloirs, se seraient étalés sur la place publique. Une situation qui aurait agacé le coordinateur de l'action gouvernementale, soucieux de ne pas voir une querelle de bureau se transformer en crise institutionnelle.

Ce que l'on sait, ce que l'on ignore encore

À ce stade, une seule source documente ces échanges, et aucun élément indépendant ne permet de confirmer la nature exacte du différend opposant la direction générale à sa hiérarchie ministérielle. Prudence, donc, sur le fond du dossier : parle-t-on d'un désaccord sur la gestion de l'agence, sur ses priorités stratégiques, ou d'une simple mésentente de personnes ? Les informations disponibles ne permettent pas de trancher.

Ce qui est en revanche établi, c'est le format de la réponse gouvernementale : une mise au point directe, en présence de toutes les parties, plutôt qu'un arbitrage discret par notes de service. Un choix qui traduit, au minimum, la volonté de siffler la fin de la partie avant que l'affaire ne s'envenime davantage.

Pourquoi l'Agasa n'est pas une agence comme une autre

Placée sous la tutelle du ministère de l'Agriculture, l'Agasa intervient sur un terrain sensible pour le Gabon : la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire la capacité du pays à produire une part croissante de ce qu'il consomme plutôt que de dépendre des importations. Un enjeu loin d'être théorique dans un pays qui importe encore une large partie de ses denrées de base.

Toute paralysie, même passagère, dans le fonctionnement d'une structure chargée d'accompagner cette politique a un coût concret : programmes ralentis, décisions suspendues, acteurs de terrain — agriculteurs, coopératives, partenaires techniques — laissés dans l'incertitude. C'est précisément ce type de blocage que la réunion du 13 juillet semble avoir voulu éviter.

Et maintenant ?

La question posée par les acteurs eux-mêmes — le maintien ou non de l'équipe dirigeante en place — n'a, à notre connaissance, reçu aucune réponse officielle. Aucune décision de limogeage ou de reconduction n'a été communiquée publiquement à l'issue de la rencontre. Toute anticipation sur ce point relèverait de la spéculation.

Ce que cet épisode confirme, c'est une ligne de conduite assumée par l'exécutif gabonais : les différends internes aux agences publiques ne se règlent pas sur la place publique, et l'État entend le rappeler fermement quand cela se produit. Pour les Gabonais qui suivent de près les dossiers agricoles, la vraie question n'est pas tant de savoir qui restera à la tête de l'Agasa, mais si cette agence retrouvera rapidement la stabilité nécessaire pour avancer sur ses missions.

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