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Braconnage : un numéro vert pour dénoncer les crimes environnementaux au Gabon

L'Agence nationale des parcs nationaux prépare une ligne d'urgence dédiée au signalement des atteintes à la nature.

L'Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) planche sur la création d'un numéro vert national pour faciliter le signalement des crimes environnementaux. Un atelier stratégique tenu à Libreville a réuni administrations et partenaires pour poser les bases de cet outil, encore au stade de préparation.

Forêt tropicale gabonaise vue du ciel avec une icône symbolisant un numéro d'urgence téléphonique
L'ANPN travaille à la création d'un numéro vert dédié au signalement des crimes environnementaux au Gabon.

Trafic de bois précieux, braconnage d'espèces protégées, pêche illégale : ces atteintes à l'environnement se signalent aujourd'hui de façon dispersée, souvent sans suite. L'ANPN veut changer la donne avec un numéro vert unique, gratuit et accessible à tous, pensé comme un canal direct entre les citoyens et les autorités compétentes.

La démarche a franchi une étape le mardi 7 juillet 2026 à Libreville, avec un atelier de réflexion stratégique. Administrations concernées et partenaires techniques s'y sont retrouvés pour discuter du cadre opérationnel du futur dispositif : qui reçoit les appels, comment les signalements sont vérifiés, quelle suite judiciaire ou administrative leur est donnée.

Un maillon manquant dans la chaîne de surveillance

Le Gabon protège près de 90% de son territoire forestier et compte treize parcs nationaux, un patrimoine naturel régulièrement cité comme un atout stratégique face au changement climatique. Mais la surveillance de ces espaces immenses repose largement sur les moyens humains et matériels des agents de terrain, forcément limités face à l'étendue du territoire.

Un numéro vert change la logique de détection : ce ne sont plus seulement les rangers qui repèrent les infractions, mais potentiellement chaque citoyen, chaque villageois riverain d'une forêt ou d'un cours d'eau. C'est le principe qui a fait ses preuves dans d'autres pays forestiers d'Afrique centrale, où des lignes similaires ont permis d'accélérer les interpellations liées au trafic d'ivoire ou de bois.

Ce que ça change concrètement pour les Gabonais

Pour l'instant, dénoncer une coupe illégale ou un abattage d'éléphant suppose souvent de connaître le bon service à contacter, ou de se déplacer jusqu'à un poste de l'ANPN — un frein réel dans les zones rurales. Un numéro gratuit et centralisé simplifierait ce parcours, avec l'espoir de recueillir des informations plus nombreuses et plus rapides.

Reste à préciser, à ce stade préparatoire, les modalités pratiques : disponibilité 24h/24, anonymat garanti pour les lanceurs d'alerte, délais de traitement des signalements. Ces détails, non encore tranchés lors de l'atelier de juillet, conditionneront l'efficacité réelle du dispositif une fois lancé.

Une pièce dans la stratégie de préservation du Gabon

Ce numéro vert s'inscrirait dans un arsenal plus large de lutte contre la criminalité faunique, alors que le pays cherche à valoriser son statut de puits de carbone et de sanctuaire de biodiversité, notamment pour attirer des financements climatiques internationaux. La crédibilité de ces engagements se mesure aussi à la capacité à faire respecter les lois environnementales sur le terrain.

Aucune date de lancement officielle n'a été communiquée à ce jour. L'atelier de Libreville marque une étape de conception, pas encore le déploiement du dispositif — Loop suivra les prochaines annonces de l'ANPN sur le calendrier et les modalités techniques retenues.

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