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Biodiversité : le Gabon révise sa feuille de route à la Sablière

Deux jours pour boucler le nouveau plan national censé traduire les engagements mondiaux de Kunming-Montréal en actions concrètes.

Les 20 et 21 juillet, Libreville accueille un atelier resserré mais dense : onze ministres, cinq agences des Nations unies et une dizaine d'ONG internationales planchent sur la version finale de la Stratégie et du Plan d'Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB). L'objectif affiché est simple à énoncer, plus complexe à tenir : faire correspondre les ambitions gabonaises aux cibles fixées par l'accord mondial de Kunming-Montréal.

Réunion de travail sur la stratégie biodiversité du Gabon dans une salle de conférence
L'atelier de validation du SPANB réunit à la Sablière ministères, agences onusiennes et ONG les 20 et 21 juillet.

Un accord mondial, une déclinaison locale

Signé en 2022, le cadre de Kunming-Montréal fixe une trentaine de cibles pour freiner l'érosion de la biodiversité à l'horizon 2030 — parmi lesquelles la protection de 30 % des terres et des mers à l'échelle planétaire. Chaque pays signataire doit ensuite produire sa propre traduction nationale : c'est ce document, le SPANB, que le Gabon met à jour à la Sablière.

La Direction générale de l'environnement porte ce chantier, qui consiste concrètement à passer au tamis les objectifs internationaux pour ne retenir que ceux qui font sens localement — gestion des forêts, aires protégées, espèces menacées, usage des ressources — et à leur associer des indicateurs de suivi mesurables. Sans cette étape de calage, un plan national reste une déclaration d'intention plutôt qu'un outil de pilotage.

Pourquoi la présence de cinq agences onusiennes compte

La mobilisation d'un tel aréopage — onze ministères, cinq agences des Nations unies, une dizaine d'organisations non gouvernementales internationales — n'est pas un simple exercice protocolaire. Elle conditionne souvent l'accès à des financements internationaux dédiés à la conservation : les bailleurs exigent des plans nationaux cohérents, chiffrés et suivis dans le temps avant de débloquer des fonds.

Pour le Gabon, pays qui héberge l'une des dernières grandes forêts tropicales intactes du continent et dont l'économie reste largement dépendante des ressources naturelles, ce SPANB n'est donc pas qu'un document technique. C'est aussi une pièce du dossier que le pays présente aux partenaires financiers et climatiques, dans un contexte où la compétition pour les fonds « biodiversité » s'intensifie entre pays du bassin du Congo.

Ce qu'il faut surveiller maintenant

La validation à la Sablière marque une étape, pas un aboutissement. Reste à savoir comment ce plan sera décliné en budgets, en calendriers d'exécution et en indicateurs publics vérifiables — c'est généralement là que les stratégies nationales de biodiversité, au Gabon comme ailleurs, montrent leurs limites.

Pour les acteurs économiques gabonais liés au bois, à l'agriculture ou à l'écotourisme, l'enjeu concret sera de voir si ce cadre se traduit par des règles claires et stables, plutôt que par une nouvelle strate réglementaire. La suite du processus, notamment les modalités de suivi annoncées par la Direction générale de l'environnement, permettra de juger si l'exercice débouche sur des résultats mesurables d'ici 2030.

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