100 millions d'euros pour l'agriculture béninoise : le modèle à suivre ?
La Banque européenne d'investissement et un partenaire régional injectent des fonds pour industrialiser les filières agricoles du Bénin.
Le Bénin vient de décrocher un financement de 100 millions d'euros auprès de la Banque européenne d'investissement et de la Banque internationale pour l'industrie et le commerce. L'objectif : muscler des chaînes de valeur agricoles qui pèsent près d'un quart de son PIB. Une opération qui interroge, par contraste, la trajectoire du secteur agricole gabonais.

Un quart du PIB, plus d'un tiers des emplois : voilà ce que représente l'agriculture au Bénin. C'est sur cette base que Cotonou vient de sécuriser un financement de 100 millions d'euros, apporté conjointement par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque internationale pour l'industrie et le commerce (BIIC).
Un levier de crédit plus que des subventions
L'argent ne va pas directement dans les champs. Il doit surtout faciliter l'accès au crédit pour les acteurs des filières agricoles, des producteurs aux transformateurs. C'est une nuance importante : il s'agit d'un mécanisme de financement destiné à irriguer des banques et institutions locales, qui pourront ensuite prêter à des conditions plus favorables aux entreprises du secteur.
Cet appui s'inscrit dans la stratégie Global Gateway de l'Union européenne, un programme d'investissement à l'international pensé comme une alternative aux routes de la soie chinoises. Pour le Bénin, l'enjeu affiché est clair : industrialiser des filières encore largement artisanales, en misant sur plusieurs secteurs stratégiques dont les contours précis n'ont pas encore été détaillés publiquement.
Pourquoi ça parle au Gabon
Le contraste est instructif. Le Bénin, pays sahélo-côtier moins doté en ressources naturelles que le Gabon, a fait de l'agriculture un pilier structurel de son économie, avec un poids dans le PIB largement supérieur à celui observé au Gabon, où le secteur agricole reste marginal malgré des terres arables abondantes et une dépendance persistante aux importations alimentaires.
Ce type de montage financier, associant bailleurs européens et banques de développement, illustre une piste que les autorités gabonaises explorent également dans le cadre de leurs efforts de diversification économique, notamment via le Plan national de développement de la transition. Reste à savoir si des instruments comparables, articulant financement extérieur et accès facilité au crédit local, pourront être mobilisés pour structurer les filières agricoles nationales, du manioc à l'aquaculture, encore marquées par un accès limité au financement.
Ce qu'il faut suivre
Aucun calendrier précis de décaissement n'a été communiqué à ce stade, ni la liste détaillée des filières bénéficiaires côté béninois. L'exécution de ce type de financement se joue généralement sur plusieurs années, avec des points d'étape suivis par les bailleurs. C'est cette mise en œuvre concrète, plus que l'annonce elle-même, qui dira si le pari de l'industrialisation agricole tient ses promesses.
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