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Économie

Trois chalutiers congolais arraisonnés dans les eaux gabonaises

Vingt tonnes de poissons saisies au large de Mayumba, dans le cadre de la surveillance renforcée des eaux gabonaises.

Le ministère de la Mer, de la Pêche et de l'Économie bleue a arraisonné mardi trois chalutiers battant pavillon congolais surpris en pleine pêche illicite dans la réserve aquatique du Grand Sud. Vingt tonnes de produits halieutiques ont été saisies, un résultat qui donne la mesure du pillage subi par les eaux gabonaises et de la difficulté à le contenir.

Navire de patrouille gabonais escortant un chalutier arraisonné en pleine mer
Un chalutier intercepté lors d'une patrouille maritime au large du Gabon, dans le cadre de l'opération Albacore.

L'interpellation s'est déroulée au large de Mayumba, dans le Grand Sud, lors de la deuxième patrouille maritime de l'année de l'opération Albacore. Les trois navires, baptisés Ron Chang 19, Ron Chang 26 et un troisième de la même flotte, pêchaient dans une zone classée réserve aquatique, où l'activité de pêche industrielle est strictement encadrée voire interdite selon les secteurs.

Vingt tonnes, un ordre de grandeur qui parle

Vingt tonnes de poissons saisies en une seule opération, c'est l'équivalent de plusieurs centaines de cageots qui, sans ce contrôle, auraient échappé à toute déclaration, à toute taxe et à tout suivi scientifique des stocks. Ce chiffre donne une idée du volume que peut prélever une flottille étrangère en quelques jours de pêche non réglementée dans une zone censée être protégée. Pour un pays comme le Gabon, dont le littoral s'étend sur environ 800 kilomètres, chaque tonne détournée est une ressource qui manque aux pêcheurs artisanaux locaux et aux filières de transformation qui tentent de se structurer sur la côte.

La pêche INN, pour illicite, non déclarée et non réglementée, désigne toute activité de capture qui contourne les règles fixées par l'État côtier : zones autorisées, quotas, licences, obligation de déclaration des prises. Elle prive les recettes publiques de redevances et fausse les données utilisées pour évaluer l'état des stocks de poissons, un enjeu direct pour la durabilité de la ressource.

Albacore, un outil de surveillance qui monte en puissance

Cette interpellation s'inscrit dans l'opération Albacore 2026, dispositif de patrouilles maritimes piloté par le ministère de la Mer, de la Pêche et de l'Économie bleue pour surveiller les eaux sous juridiction gabonaise. C'est la deuxième opération de ce type menée cette année, signe d'une présence en mer plus régulière face à des flottes étrangères qui exploitent souvent la vastitude de la zone économique exclusive gabonaise, plus de 200 000 kilomètres carrés, pour opérer sans être repérées.

Les équipages des trois chalutiers ont été interpellés et les navires immobilisés, en attendant la suite de la procédure judiciaire. Les autorités n'ont pas précisé à ce stade le sort réservé aux embarcations ni le montant des sanctions encourues, mais la répétition de ces opérations traduit une volonté affichée de dissuader durablement ce type de pratiques plutôt que de se limiter à des contrôles ponctuels.

Ce que ça change pour la ressource gabonaise

Pour les Gabonais, l'enjeu dépasse la simple anecdote judiciaire. Une pêche INN mieux traquée, c'est davantage de poissons disponibles pour la consommation locale et pour les pêcheurs artisanaux qui vivent de cette ressource, du Woleu-Ntem au Grand Sud. C'est aussi une meilleure protection des données halieutiques, indispensables pour fixer des quotas réalistes et éviter l'épuisement de certaines espèces déjà sous pression.

La prochaine étape consistera à suivre l'issue judiciaire réservée aux trois navires et à leurs équipages, un indicateur clé pour mesurer si la sanction est réellement dissuasive face à des flottilles qui, jusqu'ici, considéraient parfois les eaux gabonaises comme une zone à faible risque.

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