Marché financier CEMAC : le FMI passe au crible les réformes de la COSUMAF
Une mission du Fonds monétaire international a rencontré à Libreville le régulateur financier régional pour évaluer la modernisation du marché des capitaux d'Afrique centrale.
La Commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale a reçu ce lundi à Libreville une mission de travail du Fonds monétaire international. Au menu des échanges : la régulation, la modernisation et le rôle du marché financier sous-régional dans le financement des économies de la CEMAC. Une étape technique, mais révélatrice des attentes qui pèsent sur ce marché encore jeune.

Un rendez-vous technique aux enjeux concrets
La scène se joue dans les bureaux de la COSUMAF, le gendarme financier des six pays de la CEMAC. Une délégation du FMI y a passé la journée de lundi pour faire le point avec les équipes du régulateur, dans le cadre des consultations que l'institution mène régulièrement auprès des acteurs économiques et financiers de la zone.
Selon nos informations, les discussions ont porté sur trois axes : les perspectives de développement du marché financier régional, sa régulation, et sa modernisation. Un point a particulièrement retenu l'attention : la capacité de ce marché à financer davantage les économies des États membres, à un moment où plusieurs pays de la sous-région, dont le Gabon, cherchent des alternatives à l'endettement bancaire classique.
Pourquoi ce marché compte pour le Gabon
Le marché financier de la CEMAC reste modeste comparé à d'autres places africaines, mais il joue un rôle stratégique : c'est par lui que les États et les entreprises peuvent lever des fonds via des obligations ou des actions, plutôt que de dépendre uniquement des prêts bancaires ou de bailleurs extérieurs. Plus ce marché est solide et bien régulé, plus il devient crédible aux yeux des investisseurs, y compris internationaux.
Pour le Gabon, dont l'économie reste fortement tributaire des cours du pétrole et du bois, disposer d'un outil de financement régional performant représente une piste de diversification. Une entreprise gabonaise pourrait ainsi émettre des titres sur ce marché pour financer un projet, sans passer systématiquement par un emprunt bancaire classique.
Ce que la visite du FMI signifie concrètement
Ce type de mission ne débouche pas sur une décision immédiate, mais elle nourrit les rapports d'évaluation que le FMI produit régulièrement sur la zone CEMAC. Ces analyses influencent ensuite les recommandations adressées aux États membres, notamment sur les réformes à engager pour fluidifier l'accès au financement.
Aucun calendrier précis ni engagement chiffré n'a été communiqué à l'issue de cette rencontre. Les prochaines étapes dépendront des conclusions que le FMI tirera de sa tournée régionale et des priorités que la COSUMAF choisira d'accélérer, notamment en matière de supervision des acteurs et de simplification des procédures d'émission de titres. Pour les entreprises et les États de la sous-région, l'enjeu reste le même : rendre ce marché plus attractif, plus liquide, et donc plus utile au quotidien économique.
À lire aussi

Déchets : le groupe ghanéen Jospong reçu par le ministre Nguema Mba
Le ministre de l'Intérieur, Adrien Nguema Mba, a reçu une délégation de Jospong International Business, groupe ghanéen spécialisé dans la gestion des déchets. L'audience intervient alors que plusieurs villes gabonaises, à commencer par Libreville, cherchent des solutions durables à leurs points noirs d'ordures.
À la uneOligui Nguema à Abidjan pour les 66 ans de l'indépendance ivoirienne
Le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, accompagné de la Première dame Zita Oligui Nguema, s'est rendu ce mardi en Côte d'Ivoire. Il y prend part aux commémorations du 66e anniversaire de l'indépendance ivoirienne, proclamée le 7 août 1960. Ce déplacement s'inscrit dans une séquence de rapprochements diplomatiques entre Libreville et les grandes capitales africaines.
À la uneLe Chef de l'État veut des campus universitaires modernisés
Le Chef de l'État a réaffirmé son engagement en faveur de campus universitaires à la hauteur des ambitions nationales du Gabon. Une annonce qui touche directement les dizaines de milliers d'étudiants confrontés, chaque rentrée, à des amphithéâtres saturés et des équipements vieillissants.