Manganèse : Oligui Nguema scelle un accord clé avec la France
Reçu à l'Élysée, le président gabonais a acté avec Paris un pas vers la transformation locale du manganèse de Moanda.
Brice Clotaire Oligui Nguema a été reçu lundi par Emmanuel Macron à l'Élysée. Au menu de cette rencontre bilatérale : plusieurs accords, dont un engagement structurant autour de la transformation du manganèse extrait à Moanda, dans le Haut-Ogooué. Une annonce encore à confirmer dans ses détails, mais qui, si elle se concrétise, changerait la donne pour l'économie minière gabonaise.

Une signature à l'Élysée, un enjeu à Moanda
Selon des informations obtenues auprès de sources diplomatiques, le chef de l'État gabonais et son homologue français ont paraphé lundi plusieurs textes de coopération. Le document le plus significatif concerne l'État gabonais et la Comilog, filiale du groupe minier français Eramet, autour d'un projet de transformation locale du manganèse à Moanda.
Concrètement, il s'agirait de traiter davantage de minerai sur place plutôt que de l'exporter brut, comme c'est majoritairement le cas aujourd'hui. Le Gabon est le deuxième producteur mondial de manganèse, un métal indispensable à la fabrication de l'acier et, de plus en plus, des batteries électriques. Mais l'essentiel de la valeur ajoutée — la transformation en alliages ou en produits chimiques — se fait aujourd'hui hors du pays, souvent en Europe ou en Chine.
Ce que changerait une usine à Moanda
Si ce projet se traduit par des investissements industriels concrets, les retombées attendues sont connues : plus d'emplois qualifiés dans le Haut-Ogooué, une part plus importante de la valeur du minerai captée localement, et une diversification des recettes fiscales liées à l'exploitation minière. C'est le même logique qui sous-tend depuis plusieurs années les appels du gouvernement gabonais à une transformation accrue des ressources naturelles avant exportation, du bois au manganèse.
La Comilog exploite le gisement de Moanda depuis des décennies et reste le principal employeur privé de la région. Un renforcement de ses capacités de transformation locale répondrait à une revendication ancienne des autorités gabonaises, qui cherchent à réduire la dépendance du pays à l'exportation de matières premières brutes.
Des détails encore attendus
À ce stade, les termes précis de l'accord — montant des investissements, calendrier, capacité de production visée — n'ont pas été rendus publics. Une seule source diplomatique évoque cette signature, ce qui invite à la prudence sur l'ampleur réelle de l'engagement tant que les autorités gabonaises ou le groupe Eramet n'auront pas communiqué officiellement.
Reste que la rencontre confirme la continuité de la relation économique entre Libreville et Paris, dans un contexte où le Gabon cherche à attirer des partenaires industriels capables de financer la transformation locale de ses ressources. Les prochaines semaines devraient permettre de savoir si cet accord se traduit par des chantiers concrets à Moanda.
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