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Économie

Manganèse : ce que promet vraiment l'accord Gabon-Eramet

Une députée salue un protocole censé ancrer davantage de transformation locale, mais les modalités concrètes restent à préciser.

À l'occasion d'une visite d'État en France, un protocole d'accord a été signé entre le Gabon et le groupe minier Eramet autour du manganèse. Une élue de la majorité y voit une avancée pour l'industrialisation du secteur. Reste à savoir quelles mesures concrètes suivront cet engagement de principe.

Site minier de manganèse avec tas de minerai et infrastructure d'extraction
Le manganèse gabonais est aujourd'hui majoritairement exporté à l'état brut.

Un protocole salué comme un tournant

Dans une interview, une députée gabonaise a estimé que le protocole d'accord signé avec Eramet « constitue une avancée parce qu'il place enfin la transformation locale, la création de valeur ajoutée et l'industrialisation au centre de la relation minière ». Elle intervenait au sujet de la visite d'État du président Brice Clotaire Oligui Nguema en France, où l'accord a été conclu.

Ces propos, recueillis selon nos informations, restent pour l'instant la seule source disponible sur ce protocole. Ils traduisent une appréciation politique plus qu'un descriptif technique de l'accord : ni volumes, ni calendrier d'investissement, ni montants n'ont été précisés publiquement à ce stade.

Pourquoi la transformation locale change la donne

Le manganèse gabonais est aujourd'hui, pour l'essentiel, exporté à l'état brut, comme la plupart des minerais extraits sur le continent. Transformer une partie de cette production sur place — l'enrichir, en faire des alliages ou des composants avant exportation — permettrait de capter davantage de valeur ajoutée dans le pays, plutôt que de la laisser aux usines situées à l'étranger.

C'est ce déplacement de la chaîne de valeur, du simple export de matière première vers une industrialisation partielle, que vise le principe énoncé par la députée. Reste à savoir si le protocole prévoit des engagements chiffrés et vérifiables, seul moyen de transformer une déclaration d'intention en projet industriel concret.

Les prochaines étapes à surveiller

Un protocole d'accord n'est, par nature, qu'une étape : il fixe une intention de collaboration, pas un contrat d'investissement définitif. Pour les Gabonais, l'enjeu se mesure à des indicateurs concrets : création d'usines de transformation, emplois industriels générés, part du manganèse transformé localement avant exportation.

Ces éléments devront être précisés dans les mois qui viennent, à travers les textes d'application ou des annonces conjointes du gouvernement et d'Eramet. D'ici là, l'accord reste un signal politique plus qu'une garantie économique — une nuance que la prudence journalistique impose de garder à l'esprit.

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