MaDigiPaie : un pont entre banques et mobile money au Gabon
Le ministère de l'Économie numérique lance une plateforme censée fluidifier les paiements électroniques, quel que soit l'opérateur utilisé.
Le 15 juillet 2026 à Libreville, le ministère de l'Économie numérique a présenté MaDigiPaie, un dispositif de paiement électronique adossé au réseau du GIMAC. Son objectif affiché : permettre les transactions entre banques et opérateurs de mobile money sans que le réseau choisi ne soit un obstacle. Une promesse d'interopérabilité qui, si elle tient, changerait concrètement le quotidien financier de nombreux Gabonais.

Le problème que MaDigiPaie veut résoudre
Au Gabon comme ailleurs en Afrique centrale, l'univers du paiement mobile reste fragmenté. Un utilisateur d'un opérateur de mobile money ne peut pas toujours transférer facilement de l'argent vers un compte bancaire, ou vers un abonné d'un autre réseau, sans passer par des détours coûteux en temps et parfois en frais. C'est précisément cette cloison entre systèmes que le programme MaDigiPaie, porté par le ministère de l'Économie numérique, dit vouloir faire tomber.
Le dispositif s'appuie sur l'infrastructure du GIMAC, le Groupement Interbancaire Monétique de l'Afrique Centrale, qui sert déjà de colonne vertébrale aux transactions par carte bancaire dans la sous-région. En connectant ce réseau aux services de mobile money, MaDigiPaie ambitionne de permettre des transactions entre banques et opérateurs télécoms, sans que l'utilisateur ait à se soucier de qui gère son compte en face.
Ce que cela changerait concrètement
Sur le papier, l'intérêt est direct : un commerçant à Libreville pourrait accepter un paiement mobile money d'un client abonné chez un opérateur concurrent du sien, ou un salarié pourrait transférer son salaire bancaire vers son portefeuille mobile sans étape intermédiaire. C'est ce type de friction quotidienne que l'interopérabilité est censée supprimer.
Pour l'économie gabonaise, largement marquée par l'informalité des échanges monétaires et une bancarisation encore partielle, un système de paiement qui parle à tous les réseaux pourrait faciliter l'inclusion financière. Reste que l'ampleur réelle de ces bénéfices dépendra de l'adoption par les banques, les opérateurs et surtout les usagers eux-mêmes.
Les questions qui restent ouvertes
À ce stade, les modalités précises de déploiement — coûts pour l'utilisateur final, délais de généralisation, établissements déjà connectés — n'ont pas encore été détaillées publiquement. Le lancement du 15 juillet marque une étape de communication plus que la mise en service généralisée du dispositif.
Loop suivra la montée en charge de MaDigiPaie et vérifiera, dans les prochaines semaines, si la promesse d'interopérabilité se traduit par des usages concrets sur le terrain, notamment auprès des petits commerçants et des travailleurs du secteur informel, premiers concernés par la fragmentation actuelle des paiements mobiles.
À lire aussi

Déchets : le groupe ghanéen Jospong reçu par le ministre Nguema Mba
Le ministre de l'Intérieur, Adrien Nguema Mba, a reçu une délégation de Jospong International Business, groupe ghanéen spécialisé dans la gestion des déchets. L'audience intervient alors que plusieurs villes gabonaises, à commencer par Libreville, cherchent des solutions durables à leurs points noirs d'ordures.
À la uneOligui Nguema à Abidjan pour les 66 ans de l'indépendance ivoirienne
Le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, accompagné de la Première dame Zita Oligui Nguema, s'est rendu ce mardi en Côte d'Ivoire. Il y prend part aux commémorations du 66e anniversaire de l'indépendance ivoirienne, proclamée le 7 août 1960. Ce déplacement s'inscrit dans une séquence de rapprochements diplomatiques entre Libreville et les grandes capitales africaines.
À la uneLe Chef de l'État veut des campus universitaires modernisés
Le Chef de l'État a réaffirmé son engagement en faveur de campus universitaires à la hauteur des ambitions nationales du Gabon. Une annonce qui touche directement les dizaines de milliers d'étudiants confrontés, chaque rentrée, à des amphithéâtres saturés et des équipements vieillissants.