Libreville protège ses enfants : une opération coup de poing dans les marchés
Une mission conjointe de la justice et de la police a interpellé des mineurs exploités à Mont-Bouët et Petit Paris.
Jeudi, une opération de protection de l'enfance a ciblé les grands marchés du Grand Libreville. L'objectif : sortir des mineurs de situations d'exploitation commerciale et les mettre à l'abri. Un signal fort sur un phénomène qui reste difficile à mesurer.

Une action coordonnée sur le terrain
Une mission conjointe de protection de l'enfance a été déployée jeudi dans le Grand Libreville. Elle réunissait le Parquet de la République chargé des mineurs, le ministère de la Justice, les services de police nationale spécialisés dans la lutte contre les atteintes aux droits humains, et les Affaires sociales.
Cette coordination entre plusieurs institutions est le point clé de l'opération. Elle permet d'agir vite, mais aussi d'assurer un suivi judiciaire et social une fois les enfants identifiés.
Les marchés dans le viseur
Les équipes se sont concentrées sur les lieux de forte activité commerciale : les marchés de Mont-Bouët et de Petit Paris, dans le 3ᵉ arrondissement, ainsi que plusieurs carrefours de la capitale.
Ces zones sont des points névralgiques de l'économie informelle. On y croise souvent des enfants employés pour vendre, transporter ou solliciter les passants — des situations qui relèvent de l'exploitation commerciale de mineurs, interdite par la loi.
Ce que recouvre l'exploitation commerciale
En clair, il s'agit de faire travailler un enfant dans un cadre marchand au détriment de sa scolarité, de sa santé ou de sa sécurité. C'est une atteinte aux droits de l'enfant que le Gabon s'est engagé à combattre.
Interpeller, dans ce contexte, ne signifie pas punir l'enfant : l'objectif affiché est de le retirer du danger et de le confier aux services compétents pour une prise en charge adaptée.
Ce qu'il faut retenir
L'opération marque une volonté claire des pouvoirs publics de traiter un phénomène longtemps peu visible. Reste un défi majeur : les données chiffrées sur l'ampleur du travail des mineurs à Libreville demeurent rares.
Le véritable test viendra du suivi : accompagnement des enfants, retour à l'école, et action contre les adultes responsables. C'est sur la durée que se mesurera l'impact de ce type de mission.
À lire aussi

Franceville : l'USTM suspend les cours, vacations impayées
Le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l'Université des sciences et techniques de Masuku (SNEC-USTM) a annoncé la suspension de toutes les activités pédagogiques à Franceville. En cause : le non-paiement des vacations dues pour l'année académique 2024-2025, une situation restée sans réponse des autorités selon le syndicat.

Okondja : le rite du Satsi, passage obligé vers l'âge adulte chez les Kota
Dans le quartier Idoumou, à Okondja, plusieurs enfants de 7 à 13 ans se préparent à traverser une étape rituelle transmise depuis des générations chez les Kota, peuple du Haut-Ogooué. Selon nos informations, encore incomplètes à ce stade, cette cérémonie marquerait le passage symbolique de l'enfance à l'âge adulte au sein de la communauté.

Lambaréné : deux blessés graves dans une collision de pirogues
Deux personnes ont été grièvement blessées vendredi soir à Lambaréné après la collision de deux pirogues à proximité du Centre artisanal de pêche. L'accident, survenu dans l'obscurité alors que la visibilité était réduite, illustre les risques persistants de la navigation fluviale nocturne au Moyen-Ogooué. Selon nos informations, l'incident reste à ce stade documenté par une seule source et certains détails demeurent à confirmer.