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Économie

Libreville : 72 heures aux vendeurs de rue pour quitter les trottoirs

Le maire de Libreville hausse le ton contre le commerce informel installé sur la voie publique et fixe un ultimatum de trois jours.

Un ultimatum de 72 heures : c'est le délai fixé par le maire de Libreville, Eugène Mba, aux commerçants qui occupent trottoirs et espaces publics de la capitale pour libérer les lieux d'eux-mêmes. Passé ce délai, une opération de nettoyage des installations jugées « sauvages » serait déclenchée. Derrière l'annonce, un vieux dossier urbain qui touche directement au gagne-pain de milliers de Librevillois.

Trottoir de Libreville occupé par des étals de commerçants ambulants
Le commerce informel occupe une partie des trottoirs de la capitale, un phénomène que la mairie de Libreville veut désormais endiguer.

Un ultimatum, pas encore une opération

Selon les informations disponibles à ce stade, l'annonce a été faite directement par le maire de Libreville, qui accorde un délai de trois jours aux opérateurs économiques installés sur les trottoirs et emprises publiques de la ville pour évacuer volontairement leurs étals. Il s'agit pour l'instant d'un avertissement, assorti d'une menace d'intervention municipale au terme du délai. Aucune date d'exécution précise ni modalités opérationnelles (relogement, sites alternatifs, saisies) n'ont pour le moment été détaillées publiquement, et ce point mérite d'être suivi avec prudence : une seule source rapporte l'information à ce stade.

Ce type de mise en demeure n'est pas inédit dans les grandes villes africaines confrontées à l'occupation anarchique de l'espace public. Mais son exécution, elle, se heurte presque toujours à la même équation : que devient le commerçant une fois son étal démonté ?

Pourquoi les trottoirs sont devenus un enjeu municipal

Libreville, comme beaucoup de capitales en forte croissance urbaine, voit depuis des années son commerce de proximité déborder des marchés organisés vers la rue : vendeurs de fruits, de téléphones, de vêtements ou de restauration rapide s'installent sur les trottoirs, aux abords des grands axes ou près des arrêts de transport, souvent faute d'espaces marchands suffisants ou accessibles financièrement.

Pour une mairie, cette occupation pose un double problème de gestion urbaine : elle complique la circulation piétonne et automobile, et elle échappe largement à la fiscalité locale — taxes de marché, patentes — qui finance justement l'entretien de la voirie et des équipements publics. C'est ce lien entre désordre visible et manque à gagner fiscal qui justifie, du point de vue des autorités municipales, ce genre de coup de semonce.

Ce que ça change pour les vendeurs et les usagers

Pour les commerçants concernés, l'enjeu est immédiat : où aller si les trottoirs deviennent interdits ? L'expérience d'autres opérations de « déguerpissement » menées ailleurs sur le continent montre que l'efficacité d'une telle mesure dépend presque entièrement de l'existence d'alternatives — marchés de report, espaces aménagés, horaires dédiés — faute de quoi le commerce informel se déplace simplement de quelques dizaines de mètres, ou revient après quelques semaines.

Pour les habitants et automobilistes, la promesse est plus lisible : des trottoirs dégagés, une circulation plus fluide, une capitale plus « présentable ». Mais cette annonce, pour être suivie d'effets durables, devra s'accompagner d'une solution pour ceux qui vivent de ce commerce du quotidien — sans quoi la mesure risque de rester, comme souvent, une opération ponctuelle sans lendemain.

À surveiller dans les prochains jours

Le compte à rebours des 72 heures, s'il est confirmé, sera le premier test de la détermination municipale. Reste à savoir si l'opération s'accompagnera d'un dispositif d'accompagnement pour les vendeurs déplacés, seul gage d'une pérennité au-delà du coup de communication.

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