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Économie

Le niveau de vie des Gabonais collé au cours du pétrole

Le développement humain du pays reste suspendu aux revenus tirés des ressources extractives, révèle une analyse récente.

Le Gabon affiche un niveau de développement humain parmi les plus élevés d'Afrique subsaharienne, mais ce classement tient largement à la richesse générée par le pétrole, le manganèse et le bois. Une dépendance qui interroge sur la solidité de ces progrès dans la durée.

Installation extractive au Gabon en arrière-plan d'une scène urbaine
Le développement humain du Gabon reste lié aux revenus tirés du pétrole et des matières premières.

Un indicateur, deux visages

L'indice de développement humain (IDH) mesure trois choses simples : combien de temps on vit, combien de temps on étudie, et combien on gagne. Pour ce dernier critère, les économistes utilisent le Revenu national brut (RNB) par habitant — la richesse produite dans le pays, divisée par le nombre d'habitants.

Au Gabon, ce revenu par tête reste tiré vers le haut par les exportations de brut, de manganèse et de bois. Résultat : sur le papier, le pays se classe bien au-dessus de la moyenne régionale. Mais cette performance repose sur une base étroite, les cours mondiaux des matières premières, et non sur une économie diversifiée qui créerait de la richesse par elle-même.

Le revers d'une richesse extractive

Cette mécanique n'est pas propre au Gabon : plusieurs pays producteurs de pétrole ou de minerais affichent le même profil, un RNB élevé qui masque une fragilité structurelle. Quand les prix du baril chutent, le revenu par habitant recule mécaniquement, sans que la santé, l'éducation ou l'emploi des populations aient changé en profondeur.

C'est tout l'enjeu du débat actuel sur la diversification économique gabonaise : bâtir des filières agricoles, industrielles ou de services capables de produire de la richesse indépendamment des cours mondiaux, pour que le développement humain ne dépende plus d'un baril ou d'une tonne de manganèse.

Ce que ça change pour les Gabonais

Concrètement, cette dépendance signifie que le pouvoir d'achat moyen, tel que mesuré par les statistiques internationales, peut fluctuer fortement selon les marchés mondiaux, sans lien direct avec les efforts locaux en matière de santé ou d'éducation. Diversifier l'économie n'est donc pas qu'un slogan : c'est la condition pour transformer une richesse volatile en progrès humain durable, qui tienne bon même quand les prix des matières premières baissent.

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