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Économie

Le Gabon numéro un du commerce intra-africain en zone CEMAC

Avec 746 milliards de FCFA d'échanges en 2025, le pays devance le Congo d'un souffle et redessine la carte commerciale d'Afrique centrale.

Selon des données récentes sur le commerce intra-africain, le Gabon décroche la première place de la zone CEMAC en 2025 avec 1,30 milliard de dollars d'échanges, soit environ 746 milliards de FCFA. Une performance qui devance de très peu le Congo, à 1,29 milliard de dollars, et qui interroge sur les moteurs réels de cette dynamique.

Carte de la zone CEMAC montrant les flèches de flux commerciaux centrées sur le Gabon
Le Gabon devance le Congo d'à peine 10 millions de dollars dans le classement des échanges intra-africains 2025.

Une première place à un cheveu près

Le chiffre a de quoi surprendre : 746 milliards de FCFA d'échanges intra-africains en 2025, cela place le Gabon devant tous ses voisins de la CEMAC, Cameroun, Tchad, Centrafrique, Guinée équatoriale et Congo compris. Mais l'écart avec le second, le Congo, tient à presque rien : 1,30 milliard de dollars contre 1,29 milliard. Un mouchoir de poche qui rappelle que ce classement, aussi flatteur soit-il, reste fragile et peut se renverser dès l'année suivante.

Ce résultat s'inscrit dans un contexte où le commerce entre pays africains demeure globalement faible comparé aux échanges avec l'Europe, l'Asie ou les Amériques. Historiquement, les économies de la CEMAC vendent surtout du pétrole, du bois ou des minerais vers l'extérieur, et achètent l'essentiel de leurs biens manufacturés hors du continent. Que le Gabon se hisse en tête sur ce segment précis, celui des échanges avec d'autres pays africains, mérite donc d'être regardé de près.

Ce que ce chiffre change concrètement

Pour un Gabonais, ce classement ne se traduit pas immédiatement par une baisse des prix au marché de Nkembo ou une hausse de salaire. Mais il indique une chose utile : le pays vend et achète davantage à ses voisins immédiats, ce qui réduit en théorie la dépendance aux longs circuits maritimes et aux fluctuations du fret international. Moins de kilomètres parcourus par une marchandise, c'est potentiellement moins de coûts de transport répercutés sur le consommateur final, à condition que les infrastructures routières et portuaires suivent.

Reste une question de fond : quelle part de ces 746 milliards relève de produits transformés localement, et quelle part reste de la matière première brute réexportée dans la sous-région ? Les données disponibles ne permettent pas encore de trancher, et c'est précisément ce détail qui fera la différence entre une performance statistique et une transformation économique durable.

Une dynamique à confirmer

Ce premier rang gabonais, aussi net soit-il sur le papier, repose sur une seule publication de référence et mériterait d'être recoupé par d'autres sources dans les mois qui viennent. L'écart minime avec le Congo invite à la prudence plutôt qu'à la célébration hâtive. Ce qui est acquis, en revanche, c'est que le commerce régional gabonais progresse suffisamment pour figurer en tête d'un classement continental sérieux, un signal que les autorités économiques du pays auraient tort d'ignorer dans leurs prochains arbitrages sur l'intégration régionale et les corridors logistiques vers le Cameroun ou le Congo.

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